Abidjan, 31 mars 2026 (AIP)-L’Allemagne a vivement critiqué, mardi 31 mars 2026, la nouvelle législation adoptée par Israël instaurant la peine de mort dans certains cas, la qualifiant de « démarche inquiétante » et mettant en garde contre un risque d’application discriminatoire, a rapporté l’Agence de presse turque Anadolu.
« L’opposition à la peine de mort est un principe fondamental de la politique allemande », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius, dans un communiqué officiel.
Berlin a toutefois reconnu qu’Israël avait pris « des mesures strictes contre le terrorisme depuis le Attaques du 7 octobre 2023 en Israël », tout en soulignant que cette nouvelle loi suscite « une grande inquiétude ».
« Le gouvernement craint également qu’une telle loi ne s’applique principalement aux Palestiniens dans les territoires occupés », a ajouté M. Kornelius, précisant que l’Allemagne « regrette la décision » du Parlement israélien et « ne peut l’approuver ».
La Knesset, le Parlement israélien, a adopté lundi ce texte controversé, soutenu notamment par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. La loi prévoit la peine de mort comme sanction par défaut pour les Palestiniens de Cisjordanie occupée reconnus coupables d’attaques meurtrières contre des Israéliens.
Selon les dispositions adoptées, les exécutions seraient effectuées par pendaison, sous la responsabilité de personnels désignés par le service pénitentiaire israélien, bénéficiant d’un anonymat et d’une immunité juridique.
Le texte introduit également des mesures strictes encadrant la détention des condamnés à mort : transfert vers des établissements spécifiques, restriction des visites aux seules personnes autorisées, et limitation des échanges avec les avocats à des communications vidéo.
La loi permet en outre aux tribunaux de prononcer la peine capitale sans requête préalable du parquet et sans exigence d’unanimité, une majorité simple étant suffisante. Elle s’applique également aux tribunaux militaires compétents pour juger les Palestiniens en Cisjordanie.
Enfin, le ministre israélien de la Défense pourra présenter un avis avant le jugement, tandis que tout recours contre une condamnation à mort est exclu une fois la sentence prononcée.
(AIP)
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