Abidjan, 09 avr 2026 (AIP)-La communauté rwandaise vivant en Côte d’Ivoire a commémoré, mardi 7 avril 2026 à Abidjan, le 32ᵉ anniversaire du génocide perpétré contre le peuple Tutsi en 1994 (Kwibuka 32), dans le but de transmettre aux enfants l’histoire de ce passé tragique et de les sensibiliser à la construction d’un avenir pacifique et cohésif.
Cette commémoration, à laquelle ont pris part plusieurs autorités ivoiriennes, dont le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a été marquée par des témoignages poignants, des interpellations, le rituel de la bougie ainsi que des messages de sensibilisation à la paix.
La consule honoraire du Rwanda en Côte d’Ivoire, Maître Stéphane Richmond, a rappelé l’importance de la mémoire et de la transmission de l’histoire aux jeunes générations afin de construire un futur pacifique et d’éviter la répétition de telles tragédies.
Selon elle, 32 ans après le génocide, le Rwanda se distingue par sa résilience, sa volonté de s’en sortir et sa détermination à rebâtir. « Le pays s’est reconstruit tant sur le plan matériel qu’émotionnel. Bien que les douleurs demeurent, cette reconstruction est réelle », a-t-elle souligné.
Me Richmond a insisté sur le fait que, bien que la réconciliation ne soit pas encore totalement achevée, l’essentiel demeure de prévenir toute répétition de telles tragédies.
De son côté, l’ambassadeur du Rwanda en Côte d’Ivoire, basé à Accra, Rosemary Mbabazi, a déploré les atrocités de 1994 et exhorté ses compatriotes à l’unité. Elle a souligné qu’en dépit de l’horreur et de la douleur, le Rwanda s’est relevé avec une résilience exemplaire, privilégiant la réconciliation à la haine, la reconstruction à la division et l’espoir au désespoir.
Au nom du système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Oumar Diop a invité à tirer les leçons de ce sombre chapitre de l’histoire rwandaise et à agir pour endiguer la propagation des discours haineux.
Il a insisté sur la nécessité d’empêcher que la désunion et le mécontentement ne se transforment en violence, de faire respecter les droits humains et de garantir l’application du principe de responsabilité, citant l’exemple de la Côte d’Ivoire qui a su se relever rapidement après la crise de 2010. M. Diop a assuré que le système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, comme ailleurs, reste pleinement engagé aux côtés des gouvernements, de la société civile et des jeunes pour bâtir des sociétés inclusives et résilientes.
Entre avril et juillet 1994, environ 800 000 Rwandais, hommes, femmes et enfants, principalement des Tutsis, ont été massacrés durant le génocide au Rwanda.
(AIP)
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