Man, 14 avr 2026 (AIP)-Le lancement de la campagne rizicole 2026, associé à l’engagement du processus de caractérisation du riz danané en vue de sa labellisation, a réuni samedi 11 avril 2026 à la mairie de Danané, des autorités administratives, producteurs et partenaires autour de l’objectif commun d’organiser la filière et renforcer la production locale.
Une campagne tournée vers la reconnaissance du riz danané
La cérémonie a marqué le point de départ d’une nouvelle phase pour la filière rizicole dans le Tonkpi. Au-delà du lancement de la campagne, les échanges ont porté sur la nécessité de mieux positionner le riz danané sur le marché national, en s’appuyant sur son ancrage dans les zones de production.
Le coordonnateur du programme d’appui à l’indication géographique du riz danané, Dr Oulaï Daniel, a rappelé l’enjeu de la démarche engagée. « La caractérisation du riz danané est une étape importante parce qu’elle permet de justifier ses caractéristiques et de le différencier des autres riz cultivés dans le pays », a-t-il indiqué.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte marqué par la recherche d’une plus grande autonomie en matière de production de riz. Les acteurs présents ont souligné la nécessité de valoriser les productions locales face aux importations.
La campagne met ainsi l’accent sur la qualité du produit et sur l’organisation de la filière, avec en ligne de mire la reconnaissance du riz danané.

Une organisation progressive des acteurs de la filière
Les actions engagées dans le cadre du programme ont permis de structurer les principaux acteurs. À ce jour, 2 500 riziculteurs ont été regroupés, facilitant la coordination des activités de production dans la zone.
Dans le même temps, une centaine de commerçants ont été fédérés afin de mieux organiser la commercialisation. Cette dynamique vise à établir un lien plus direct entre les producteurs et les circuits de distribution.
La question des semences a également été prise en compte. Le coordonnateur a souligné les efforts réalisés pour préserver les variétés locales. « Nous avons travaillé à sécuriser la génétique des semences traditionnelles », a-t-il précisé.
À travers ces différentes actions, les responsables entendent poser les bases d’une filière structurée, capable de répondre aux exigences de production et de mise en marché.
Une démarche scientifique pour établir l’identité du produit
Le processus de caractérisation du riz danané débutera le 5 mai, avec l’appui d’experts en génétique et en amélioration des espèces. Cette étape doit permettre de disposer de données scientifiques sur le riz produit dans la région.
Des essais seront conduits sur le terrain afin d’observer les caractéristiques des plants dans des conditions contrôlées. Ces travaux seront complétés par des analyses en laboratoire portant sur les propriétés du riz après transformation.
Parallèlement, des prélèvements seront analysés à l’Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan) afin d’étudier l’ADN des variétés utilisées. L’objectif est de relier les caractéristiques observées au matériel végétal.
Pour le coordonnateur, cette approche permettra de ”lier la signature génétique du riz à ses caractéristiques organoleptiques”, en vue de démontrer son identité propre et de soutenir la démarche de labellisation.
Un appui à la production et à la formation des jeunes
La campagne 2026 bénéficie d’un appui annoncé pour l’exploitation de 100 hectares, à travers un partenariat entre une entreprise et l’union des coopératives du Tonkpi. Ce financement doit contribuer à renforcer les capacités de production dans la zone.
Il vise à accompagner les producteurs engagés dans la filière et à soutenir les efforts déjà entrepris en matière d’organisation. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions de structuration engagées.
Un volet formation est également prévu. Il concerne 150 jeunes qui seront formés aux métiers liés à la riziculture, notamment dans l’aménagement hydro-agricole, la conduite d’engins et les techniques de production.
Cette dimension traduit une volonté d’impliquer davantage la jeunesse dans la filière, en lien avec les besoins exprimés sur le terrain.
Une filière au cœur des enjeux économiques et alimentaires
Le président du conseil régional du Tonkpi, Albert Mabri Toikeusse, a replacé la filière rizicole dans un contexte plus large, marqué par les enjeux de sécurité alimentaire et de développement économique.
« La filière rizicole constitue un pilier stratégique pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et le développement économique local », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de renforcer la production locale.
Il a également évoqué les priorités à prendre en compte, notamment l’amélioration des rendements, la qualité de la production et la modernisation des outils de transformation, ainsi que la préservation des ressources locales.
Dans cet esprit, il a appelé à une mobilisation des producteurs et des partenaires afin de faire du riz danané une référence sur le marché national et de contribuer à la réduction des importations.
(AIP)
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