jeudi, avril 16

Abidjan, 16 avr 2026 ( AIP)- Le bureau exécutif national du syndicat national des biotechnologistes diplômés d’État de Côte d’Ivoire (SYNBIODE-CI) dénonce une exclusion des techniciens biologistes et des ingénieurs  dans le processus d’élaboration du projet de loi portant sur la biologie médicale, a-t-on appris dans une note d’information transmise  jeudi 16 avril 2026 à l’AIP.

Le SYNBIODE-CI souhaite  porter à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale sa position relative au projet de loi portant organisation de la biologie médicale en Côte d’Ivoire, présenté le 2 avril par le ministre de la Santé de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie universelle, Pierre Dimba, et adopté en commission par l’Assemblée nationale.

Il salue la volonté manifeste des autorités gouvernementales, notamment celle du ministre de la Santé, de doter le pays d’un cadre juridique moderne et structurant pour l’exercice de la biologie médicale. Cette initiative est à la fois opportune et nécessaire, en ce qu’elle vise à encadrer les conditions d’exercice des professionnels, à renforcer les mécanismes d’accréditation des laboratoires, à réglementer l’ouverture des structures d’analyses médicales et à garantir le respect des normes en matière de biosécurité ainsi que de gestion des déchets biomédicaux.

Toutefois, malgré cette avancée notable, le SYNBIODE-CI exprime de vives préoccupations quant à certaines dispositions du texte, jugées particulièrement problématiques, voire préjudiciables à l’équilibre et à l’efficacité du système de biologie médicale en Côte d’Ivoire.

Le syndicat, en plus de cette exclusion, dénonce le caractère potentiellement discriminatoire du texte, susceptible d’entraîner une marginalisation institutionnelle de ces professionnels, au mépris des principes d’équité, de compétence et de reconnaissance des qualifications. Il relève en outre une conception restrictive du biologiste médical, qui réserve l’exercice de la biologie médicale aux seuls médecins et pharmaciens biologistes, excluant de facto les ingénieurs et techniciens biologistes, pourtant qualifiés, compétents et indispensables au bon fonctionnement du système.

Par ailleurs, le SYNBIODE-CI, dans une démarche responsable et constructive, a officiellement saisi l’Assemblée nationale ainsi que le ministre en charge de la Santé, afin de comprendre les raisons de cette exclusion et d’alerter sur les risques liés à l’adoption du texte en l’état.

À cet effet, le syndicat formule les recommandations. Il s’agit de l’ouverture urgente d’un cadre de concertation inclusif, associant l’ensemble des organisations représentatives des techniciens biologistes et des ingénieurs, en vue d’un réexamen participatif du projet de loi avant son adoption en séance plénière, de la révision des dispositions litigieuses, afin de garantir une reconnaissance équitable de toutes les compétences intervenant dans le champ de la biologie médicale, dans une logique d’efficacité, de sécurité sanitaire et de justice professionnelle.

Le SYNBIODE-CI lance un appel solennel à l’opinion publique, aux partenaires institutionnels ainsi qu’à la communauté internationale, afin qu’une attention particulière soit accordée à ce projet de loi. Les enjeux qu’il soulève dépassent largement les intérêts corporatistes. Ils concernent directement la sécurité des patients, la qualité des prestations de santé, la crédibilité du système sanitaire ivoirien et la dignité des professions de la biologie médicale.

Dans cette dynamique, le SYNBIODE-CI appelle également à l’unité et à la solidarité de l’ensemble des organisations syndicales des techniciens biologistes et des ingénieurs et réaffirme son engagement indéfectible en faveur d’une biologie médicale inclusive et performante, au service exclusif de la santé des populations.

Depuis sa création, le SYNBIODE-CI œuvre activement à la mise en place de l’Ordre des techniciens biologistes et des ingénieurs.

(AIP)

tad/fmo

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