vendredi, avril 17

Abidjan, 16 avr 2026 (AIP) – Le ministre Sidi Tiémoko Touré a présenté, jeudi 16 avril 2026 à Abidjan, son ouvrage sur “L’Histoire oubliée de Mori Touré, le conquérant”, avec un message en faveur de la réhabilitation des pans méconnus de l’histoire du peuplement ivoirien.

Le ministre a dénoncé une historiographie encore « peu fournie » concernant certains peuples de Côte d’Ivoire, notamment les Degha, les Birifor, les Peuls du Folon et les Dendi. « On ne saurait construire une mémoire nationale solide en laissant dans l’ombre l’histoire de certaines communautés », a-t-il insisté.

Fruit de quatre années de recherche entamées en 2022, cet ouvrage de 173 pages se veut à la fois un récit familial et une contribution à l’histoire nationale. En retraçant le parcours de son ancêtre Mori Touré, le ministre entend « lever le voile sur une histoire du dedans », souvent absente des grandes narrations historiques.

Structuré en trois parties, le livre explore d’abord le contexte des migrations liées au déclin de l’empire Songhaï, avant de s’attarder sur la vie de Mori Touré, figure de commerçant, de stratège et de bâtisseur. La troisième partie met en lumière les transformations induites par la colonisation, notamment à Marabadjassa, cité fondée par Mori Touré, et son rôle dans les dynamiques économiques et politiques de l’époque.

Au-delà du récit historique, l’auteur a livré un message de cohésion nationale, rappelant que « la Côte d’Ivoire est une terre de convergence et d’accueil », façonnée par des migrations successives et un brassage culturel qui constituent aujourd’hui sa richesse et sa stabilité.

Il a également mis en avant les valeurs de paix et de vivre-ensemble incarnées par Mori Touré, citant notamment les alliances nouées avec les peuples voisins, en particulier les Baoulé, comme exemple d’intégration réussie. « Notre histoire commune doit être un socle pour renforcer l’unité nationale », a-t-il souligné.

Par cet ouvrage, Sidi Touré ambitionne de redonner leur place aux Djassaraka (ressortissants de Marabadiassa) dans l’histoire ivoirienne et d’encourager une nouvelle génération de chercheurs à documenter les trajectoires souvent ignorées des peuples du pays.

« Cet ouvrage n’est pas seulement un livre d’histoire, c’est un appel à ne pas oublier ceux qui ont contribué à construire la Côte d’Ivoire », a-t-il conclu, invitant le public à s’approprier cette mémoire collective.

(AIP)

sbi/cmas

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