dimanche, avril 19

Abidjan, 19 avr 2026 (AIP)-Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, invité au siège de la Banque mondiale le jeudi 16 avril 2026, a plaidé pour l’instauration d’une régulation mondiale stricte des produits chimiques utilisés dans l’orpaillage, en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods à Washington.

Organisée sous l’égide de l’Extractives Global Programmatic Support, cette rencontre a réuni des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs du secteur privé et du World Gold Council. Les échanges ont porté sur la progression des flux illicites d’or, dans un contexte marqué par des prix historiquement élevés et une expansion rapide du secteur artisanal dans plus de 80 pays.

M. Sangafowa-Coulibaly a insisté sur la dimension systémique du phénomène de l’orpaillage illégal, rappelant qu’en Afrique, près de 435 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits formels, alimentant des flux financiers illicites et fragilisant les recettes publiques. Une situation que la Côte d’Ivoire illustre également, avec environ 142 tonnes d’or sorties des circuits officiels, représentant un manque à gagner estimé à 4 600 milliards de francs CFA.

Dans ce contexte, Sangafowa-Coulibaly a appelé à une régulation rigoureuse des intrants critiques utilisés dans l’orpaillage illégal. Il a souligné que, malgré leur interdiction dans de nombreuses juridictions, le mercure et le cyanure continuent de circuler à travers des réseaux parallèles, alimentant les sites clandestins.

« Il est impératif d’instaurer une régulation stricte à l’échelle mondiale de ces produits chimiques », a-t-il déclaré, mettant en garde contre leurs effets irréversibles sur les sols, les ressources en eau et la santé des populations.

Le ministre a, par ailleurs, indiqué que la Côte d’Ivoire a déjà engagé des actions significatives pour faire face à ce phénomène, notamment à travers le démantèlement de plus de 7 000 sites illégaux, la mise en œuvre du Code minier, le déploiement du Programme national de rationalisation de l’orpaillage ainsi que l’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE).

Il a également plaidé pour la mise en place d’un cadre international structuré, associant États, institutions financières et acteurs privés, sous l’impulsion notamment de la Banque mondiale. À l’échelle régionale, il a souligné la nécessité de renforcer la coordination au sein de la CEDEAO et de l’UEMOA, afin de mieux contenir les flux transfrontaliers et d’harmoniser les politiques minières.

Sangafowa Coulibaly plaidant pour une traçabilité renforcée de la production d’or.

Évoquant les circuits d’écoulement de l’or artisanal, reliant l’Afrique de l’Ouest aux grandes places d’achat situées notamment aux Émirats arabes unis, en Suisse et en Inde, le ministre a insisté sur l’impératif d’une réponse concertée entre pays producteurs, de transit et de consommation.

« Les efforts engagés à l’échelle nationale, voire régionale, ne suffiront pas à contenir un phénomène aussi tentaculaire si des réponses fortes et coordonnées ne sont pas mises en œuvre au niveau mondial », a-t-il soutenu.

 (AIP)

bsp/fmo 

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