mercredi, septembre 23

Abidjan, 23 sept 2026 (AIP)- Le directeur des systèmes d’information, au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Maïga Abdou, a plaidé mercredi 23 septembre 2026 à Abidjan, pour une mutualisation des infrastructures, des compétences et des expertises africaines dans le domaine du calcul haute performance (HPC), afin de renforcer l’autonomie scientifique et technologique du continent.

« La mise en réseau de ces expertises et de ces compétences peut permettre à plusieurs centres de progresser ensemble, de résoudre plus rapidement leurs difficultés techniques et de réduire leurs dépendances vis-à-vis d’expertises extérieures », a déclaré Dr Maïga, représentant le ministre de tutelle, Pr Adama Diawara, à l’ouverture du premier symposium du réseau international de recherche HPC4Africa.

Selon lui, cette mutualisation doit permettre aux chercheurs africains d’accéder aux capacités de calcul disponibles dans les différents pays partenaires. Ainsi, un chercheur ivoirien pourrait, en fonction de ses besoins, utiliser une capacité disponible au Sénégal, au Maroc, au Rwanda ou au Kenya, tandis que les infrastructures ivoiriennes pourraient bénéficier à des équipes partenaires.

Le directeur des systèmes d’information a également insisté sur la nécessité de mutualiser les compétences dans des domaines tels que l’administration des clusters, la cybersécurité, l’optimisation énergétique, l’intelligence artificielle et le calcul scientifique.

« Le défi qui est devant nous n’est pas celui de la machine, c’est celui des compétences et des usages », a-t-il affirmé, appelant à former davantage d’ingénieurs et de chercheurs capables d’exploiter ces infrastructures.
Il a indiqué que la Côte d’Ivoire dispose d’un Centre national de calcul en phase de montée en charge, dont l’appropriation par les communautés scientifiques nationale et sous-régionale constitue une priorité. Le HPC doit notamment contribuer à la modélisation des épidémies, aux prévisions agro-climatiques et à l’optimisation des réseaux d’eau et d’énergie.

Le directeur de l’innovation des startups du secteur privé, représentant le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Stéphane Coulibaly, a, pour sa part, souligné l’importance de disposer d’infrastructures capables de soutenir le développement de l’intelligence artificielle. Il a estimé que la construction d’un véritable réseau africain de calcul haute performance doit associer connectivité, données et puissance de calcul.

Selon lui, un centre HPC isolé, même performant, ne suffit pas à constituer un écosystème scientifique et technologique. La mise en réseau des infrastructures, des compétences, des communautés et des écosystèmes scientifiques doit permettre de créer une capacité collective.

Il a également insisté sur la nécessité d’impliquer le secteur privé, notamment les opérateurs télécoms, les fournisseurs de cloud et de data centers, les entreprises technologiques, les acteurs de l’énergie ainsi que les startups de l’intelligence artificielle et du géospatial.

Le représentant de l’IRD en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, Fabrice Courtin, a abondé dans le même sens, estimant que l’enjeu n’est plus seulement d’acquérir des infrastructures, mais de savoir les utiliser durablement, les interconnecter, mutualiser les ressources et former les compétences nécessaires.

La directrice adjointe de l’AFD, Magali Krettmann, a, pour sa part, relevé que le HPC constitue un enjeu de souveraineté scientifique, notamment pour permettre aux pays africains de produire, traiter et exploiter leurs propres données.

Le premier symposium de HPC4Africa, qui se tient du 23 au 25 septembre à Abidjan, réunit des acteurs de plusieurs pays africains et européens. Les travaux doivent notamment permettre de définir les orientations stratégiques 2027-2030 du réseau et une feuille de route pour renforcer les capacités africaines en matière de calcul haute performance.
(AIP)

fmo

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