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Abidjan, 04 sept 2026 (AIP) – À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévu le 14 septembre, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique engage une nouvelle phase de transformation du système éducatif ivoirien, avec pour ambition de faire de l’école un véritable levier du développement durable . Cette orientation, portée par le ministre N’Guessan Koffi , repose notamment sur l’amélioration des apprentissages fondamentaux, le renforcement des capacités des enseignants, la modernisation de la carte scolaire, la discipline, la culture scientifique et numérique ainsi que la revalorisation de l’enseignement technique. 

Une rentrée scolaire placée sous le signe de la transformation

La rentrée scolaire 2026-2027 ne devrait pas être une simple reprise administrative après les vacances. Le ministère entend en faire le point de départ d’une dynamique nouvelle destinée à améliorer durablement la qualité du système éducatif.

Lors de la séance de travail préparatoire à la rentrée scolaire, tenue le 11 août 2026 au Lycée Sainte-Marie de Cocody, le ministre N’Guessan Koffi a décliné les grandes orientations de son département autour de sept priorités , avec une vision clairement affichée : faire du système « éducation-formation » le moteur du développement durable de la Côte d’Ivoire.

Le slogan « La Côte d’Ivoire à l’École » ( 1 ) traduit cette volonté de remplacer l’école au cœur des préoccupations nationales, aussi bien en matière de formation des jeunes que de développement économique et social. 

La qualité des apprentissages au cœur de la nouvelle orientation

L’un des principaux défis du système éducatif reste la maîtrise des apprentissages fondamentaux, notamment au primaire.

C’est dans cette perspective que le Programme national d’appui à l’apprentissage scolaire (PNAPAS) a été déployé dans les 41 Directions régionales de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique.

Du 17 au 28 août 2026, 16 250 enseignants de CE2 et 16 600 directeurs d’écoles primaires ont participé à une formation de douze jours destinée à renforcer les pratiques pédagogiques et à améliorer les premiers apprentissages scolaires. 

Cette opération traduit une orientation importante : agir sur les fondamentaux dès les premières années de scolarité afin de réduire les difficultés d’apprentissage et de donner aux élèves des bases plus solides pour la suite de leur parcours.

La question de la lecture, de l’écriture et des mathématiques apparaît ainsi comme un enjeu déterminant de la rentrée 2026-2027.

Plus de 32 000 acteurs de l’éducation ont travaillé pendant douze jours de formation pour renforcer les pratiques pédagogiques et améliorer les premiers apprentissages scolaires.

4 900 enseignants contractuels pour renforcer les effectifs

La disponibilité des enseignants constitue un autre chantier majeur.

À l’approche de la rentrée, 4 900 professeurs contractuels de collèges et lycées, délivrés des promotions 2025 et 2026 , ont achevé leur formation et sont appelés à rejoindre leurs établissements.

Ce recrutement exceptionnel vise notamment à répondre aux besoins en personnel enseignant dans plusieurs disciplines, particulièrement en mathématiques et en physique-chimie.

Pour le ministère, l’enjeu n’est cependant pas seulement de renforcer le nombre d’enseignants. Il s’agit également d’améliorer leur professionnalisation. 

À l’issue de leur formation, les nouveaux enseignants sont appelés à poursuivre leur renforcement de capacités. D’autres séances sont prévues sur une période de deux ans, traduisant la volonté d’inscrire la formation continue dans la durée. 

Près de 5 000 professeurs contractuels ont achevé leur formation et s’apprêtent à rejoindre leurs établissements pour la rentrée 2026-2027.

Le 14 septembre, le défi d’une rentrée réellement efficace

Le ministère veut également rompre avec les rentrées marquées par des démarrages progressifs du cours.

Le ministre N’Guessan Koffi a demandé aux responsables régionaux de veiller à ce que les cours commencent effectivement dès le 14 septembre 2026 dans les établissements publics comme privés. 

Cette exigence fait de l’effectivité des enseignements dès le premier jour un indicateur important de la réussite de la préparation de la rentrée.

Dans plusieurs régions, les responsables de l’Éducation nationale ont déjà relayé cette instruction. À Bouna , par exemple, le directeur régional a annoncé des contrôles de présence afin de vérifier le démarrage effectif des cours à la date officielle. 

La carte scolaire appelée à devenir un outil intelligent

La modernisation de l’école passe également par une meilleure planification des infrastructures et des ressources.

Les Assises nationales de la carte scolaire 2026 , ouvertes le 19 août à Yamoussoukro, ont permis au ministère de présenter son ambition de faire évoluer la carte scolaire vers un système intelligent d’aide à la décision, reposant sur des données statistiques fiables et régulièrement actualisées ainsi que sur les outils numériques et les systèmes d’information géographique. 

L’objectif est d’anticiper les besoins futurs et d’améliorer la répartition des ressources publiques consacrées à l’éducation.

Cette nouvelle approche prend également en compte les réalités concrètes auxquelles sont confrontés les élèves et les enseignants.

Le ministère souhaite notamment intégrer dans les normes de la carte scolaire des commodités essentielles comme les voies d’accès, les logements des enseignants en milieu rural, les cantines scolaires, les centres médico-scolaires, l’électricité ou l’énergie solaire, les points d’eau potable, les latrines et les aires de jeu. 

Des manuels scolaires aux outils numériques 

La modernisation concerne également les supports pédagogiques.

Une publication des documents relatifs aux manuels scolaires et supports didactiques retenus pour l’année scolaire 2026-2027 , a été faite dans le cadre de la préparation de la rentrée.

Dans le même temps, le ministère veut renforcer la culture scientifique et numérique ( 1 ) afin de mieux préparer les jeunes aux mutations du monde professionnel et aux métiers émergents.    

Les jupes des élèves filles fixées à 11 cm au-dessus de la cheville

La rentrée 2026-2027 est également marquée par une précision nouvelle concernant la tenue scolaire des élèves filles. Dans une note datée du 26 août 2026, la Direction des Écoles, Lycées et Collèges a fixé à 11 centimètres au-dessus de la cheville la longueur réglementaire des jupes portées par les élèves filles .

Cette disposition ne concerne donc pas simplement l’apparence vestimentaire des élèves. Elle s’inscrit dans le cadre des règles qui régissent la tenue scolaire dans les établissements. Selon l’instruction, cette longueur doit permettre de concilier le respect de la tenue scolaire avec les exigences de décence, de confort et d’aisance dans les déplacements et les activités scolaires. La mesure vise notamment à éviter les jupes excessivement longues susceptibles de traîner au sol, de gêner les mouvements ou de limiter la mobilité des élèves pendant les activités scolaires.

Les chefs d’établissement sont invités à veiller à l’application de cette prescription dès la rentrée et à assurer une information appropriée auprès des élèves et de leurs parents. Le ministère préconise cependant une mise en œuvre fondée sur la pédagogie, le dialogue et le respect des élèves, ce qui donne à cette mesure une dimension à la fois réglementaire et éducative.

Cette disposition constitue l’une des particularités les plus concrètes de la rentrée 2026-2027, puisqu’elle appelle les familles à prendre en compte une mesure précise concernant la confection ou l’adaptation des uniformes scolaires avant la reprise des cours.

Selon l’instruction, cette longueur doit permettre de concilier le respect de la tenue scolaire avec les exigences de décence, de confort et d’aisance dans les déplacements et les activités scolaires.

La discipline et la culture du travail comme valeurs éducatives

Au-delà des infrastructures, des effectifs et des outils pédagogiques, la nouvelle orientation du ministère accorde une place importante aux valeurs éducatives.

La discipline et la culture du travail figurent ainsi parmi les priorités présentées par le ministre N’Guessan Koffi .

Cette orientation renvoie à une conception de l’école qui ne se limite pas à la transmission des connaissances. Elle vise également la formation de citoyens, capables de respecter les règles, de travailler avec rigueur et de contribuer au développement du pays.

L’enseignement technique veut changer d’image

Autre chantier : l’attractivité de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Le ministère souhaite faire de ces filières des voies d’orientation choisies et valorisées, en lien avec les besoins de l’économie ivoirienne.

L’enjeu consiste notamment à rapprocher davantage les compétences acquises par les jeunes des besoins du marché du travail, alors que la Côte d’Ivoire poursuit sa transformation économique.

Cette orientation pourrait contribuer à renforcer l’employabilité des jeunes et à donner une place plus importante aux formations techniques dans les parcours scolaires.

Une réforme qui devra être sauvegardée dans les salles de classe

Les orientations annoncées par le ministère posent désormais la question de leur traduction concrète dans les établissements.

Le recrutement de nouveaux enseignants, la formation des personnels, le PNAPAS , la modernisation de la carte scolaire, l’amélioration des supports pédagogiques et le développement du numérique constituent autant de leviers.

Mais le véritable indicateur restera la capacité du système à améliorer les résultats scolaires et les conditions d’apprentissage des élèves.

À partir du 14 septembre, l’attention se portera donc sur l’effectivité des cours, la présence des enseignants, la disponibilité des infrastructures et des supports pédagogiques, mais aussi sur la capacité des établissements à mettre en œuvre les nouvelles orientations.

Une rentrée comme tester grandeur nature

La rentrée 2026-2027 apparaît ainsi comme un premier test grandeur nature pour la nouvelle vision portée par le ministère de l’Éducation nationale.

Avec ses sept priorités , ses 4 900 enseignants contractuels nouvellement formés, ses 16 250 enseignants de CE2 et 16 600 directeurs d’écoles mobilisés dans le cadre du PNAPAS, ainsi que son projet de modernisation de la carte scolaire, le ministère dispose de plusieurs leviers pour agir sur la qualité de l’éducation. 

L’enjeu est désormais de transformer ces mesures en résultats visibles dans les établissements et, surtout, dans les apprentissages des élèves.

(AIP)

rd/cmas

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