mardi, septembre 15

Abidjan, 15 sept 2026 (AIP)- La Côte d’Ivoire ambitionne d’accroître sa production aquacole afin de réduire sa dépendance aux importations de poisson, a indiqué mardi 15 septembre 2026 à Abidjan, le conseiller technique chargé de l’aquaculture au ministère des Ressources animales et halieutiques, Kaba Ibrahim.

Représentant le ministère à l’ouverture d’un colloque international au Centre africain de management et de perfectionnement des cadres (CAMPC) de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, M. Kaba a relevé que l’offre nationale reste insuffisante malgré les importantes potentialités fluvio-lagunaires et maritimes du pays.

« Les besoins nationaux en poisson sont fortement dépendants des importations, l’offre locale étant insuffisante », a-t-il indiqué.

La Côte d’Ivoire dispose notamment d’environ 566 km de façade maritime, d’un réseau lagunaire estimé à 1 200 km² et d’importants bassins fluviaux, dont ceux du Bandama, de la Comoé, du Sassandra et du Cavally.

Malgré ces atouts, le pays importe annuellement entre 736 000 et 813 000 tonnes de poisson, pour une production halieutique nationale d’environ 100 000 tonnes, dont près de 12 000 tonnes provenant de l’aquaculture.

Les autorités ambitionnent ainsi de porter significativement la production nationale, notamment celle du tilapia, à environ 149 064 tonnes à l’horizon 2030. La réalisation de cet objectif nécessite, selon le ministère, la mobilisation de 351 milliards de FCFA, avec une contribution majoritaire attendue du secteur privé.

Pour Kaba Ibrahim, le développement de l’aquaculture constitue un levier pour renforcer la souveraineté alimentaire, créer des richesses et favoriser l’emploi au profit des jeunes et des femmes, notamment en milieu rural.

Le colloque, organisé dans le cadre du Réseau international de recherche « Agroécologie pour la durabilité de l’aquaculture dans un contexte de changements globaux » (ASACHA), réunit 27 institutions partenaires de 11 pays.

Les travaux portent notamment sur l’approche « exposome », qui analyse les interactions entre pollution environnementale, santé des écosystèmes, santé des élevages aquacoles et risques pour la santé publique.

La rencontre vise également à renforcer les capacités en épidémiologie aquatique, diagnostic, biosécurité et surveillance des maladies, afin de favoriser une aquaculture productive, durable et résiliente.

Représentant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Félicia Johnson a insisté sur le rôle de la recherche dans l’identification des risques sanitaires et la mise au point de solutions adaptées aux réalités des producteurs.

Le directeur général du CAMPC, Pr Joseph Kaudjhis, a salué la tenue de cette rencontre scientifique, qui contribue aux efforts de développement de l’aquaculture dans les pays concernés.

(AIP)

cmas

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