Abidjan, 13 août 2026 (AIP) – L’ouvrage intitulé « Diplomatie du caoutchouc naturel, un levier d’influence de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale » de l’écrivain Kouao Hammond d’Alméida Francis a été dédicacé, mercredi 12 août 2026 à Abidjan-Plateau, en présence des acteurs majeurs de la filière et des autorités institutionnelles.
L’œuvre, préfacée et présentée sous le parrainage de Charles-Emmanuel Yacé Président du conseil d’administration de l’Association professionnelle des acteurs de la filière caoutchouc (APROMAC), propose une réflexion stratégique sur le rôle du caoutchouc naturel comme instrument de diplomatie économique.
« Le caoutchouc naturel n’est pas seulement une production agricole. Il n’est pas seulement une matière première destinée à l’industrie. Il est également un levier de développement économique, un facteur de coopération internationale et un véritable instrument d’influence pour notre pays », a souligné M. Yacé dans son allocution.
S’adressant à une assemblée composée de producteurs, d’industriels, de chercheurs et de diplomates, l’auteur, Kouao Francis a exposé la problématique centrale de son travail. Une matière première peut-elle contribuer à la puissance diplomatique d’un État ?, s’est-il interrogé.
« Ma réponse est résolument affirmative, car une matière première n’est jamais seulement une matière première. Lorsqu’elle représente un secteur économique structurant, qu’elle mobilise des millions d’acteurs, qu’elle génère des revenus, qu’elle participe aux échanges commerciaux internationaux et qu’elle relie un pays à de nombreux partenaires à travers le monde, elle devient nécessairement un élément de sa politique extérieure », a-t-il déclaré.
L’ouvrage, qui se veut moins une conclusion qu’une invitation à poursuivre la réflexion, plaide pour une diplomatie de partenariat plutôt que de confrontation. Il formule plusieurs recommandations, notamment le renforcement de la coordination entre les secteurs public et privé, une meilleure intégration des filières stratégiques dans la stratégie diplomatique nationale, l’accroissement de la transformation locale du caoutchouc et la promotion de l’innovation et de la compétitivité.
La cérémonie a également été l’occasion pour les responsables de la filière de dresser un bilan des performances du secteur. La Côte d’Ivoire, premier producteur africain de caoutchouc naturel, est devenue en 2023, le troisième producteur mondial, avec une production avoisinant les deux millions de tonnes de caoutchouc sec, selon les données fournies par l’APROMAC.
Le verger hévéicole s’étend désormais sur environ 800 000 hectares et mobilise plus de 240 000 producteurs.
M. Yacé a souligné les défis à relever pour consolider ces acquis, citant notamment l’insuffisance de main-d’œuvre qualifiée, la nécessité de renforcer la transformation locale, l’adoption de pratiques durables et traçables, ainsi que le renouvellement du verger dans les zones traditionnelles et son extension vers le centre et le nord du pays.
Pour y répondre, l’APROMAC a engagé plusieurs initiatives structurantes, dont l’identification et le géoréférencement des plantations, la mise en place d’une centrale de risques pour la traçabilité des activités, l’adoption d’une démarche de labellisation du caoutchouc ivoirien, et la création prochaine d’une Académie des métiers de l’hévéa à Wacro, dans le département de Taabo, destinée à former les professionnels de la filière.
La cérémonie s’est achevée par le lancement officiel de la diffusion de l’ouvrage, dont les organisateurs espèrent une large circulation auprès des institutions, des universités et des centres de recherche, tant en Côte d’Ivoire qu’à l’international.
(AIP)
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