samedi, septembre 26

Abidjan, 25 sept 2026 (AIP) – Le développement des services satellitaires pourrait contribuer à étendre la couverture numérique et à renforcer la résilience des communications en Côte d’Ivoire, en complément des réseaux terrestres, ont estimé des acteurs du secteur, vendredi 25 septembre 2026 à Abidjan, lors d’une session d’Africa Space Expo (ASPEX).

Consacrée à « L’environnement des satellites en Côte d’Ivoire : opportunités, enjeux et régulation », cette session s’inscrivait dans le cadre de la première édition de l’ASPEX et de la deuxième édition du Forum des radiocommunications.

Les échanges ont mis en évidence l’intérêt des technologies satellitaires pour desservir les zones difficiles d’accès ou insuffisamment rentables pour les opérateurs terrestres, où le déploiement de la fibre optique et des réseaux mobiles demeure limité.

« Le satellite vient en complément des réseaux terrestres », ont relevé les participants, soulignant son potentiel pour améliorer la connectivité des territoires isolés et assurer une continuité de service en cas de défaillance des infrastructures terrestres.

Des participants à Africa Space Expo (ASPEX).

Selon l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI), trois opérateurs proposent actuellement des services d’internet par satellite dans le pays. Deux exploitent des satellites géostationnaires, tandis qu’un troisième utilise une constellation de satellites non géostationnaires.

Le régulateur a souligné la nécessité d’inscrire le développement de ces services dans un environnement favorable à l’innovation et à la concurrence, tout en veillant à la protection des consommateurs et des données, indépendamment des technologies utilisées.

La résilience des infrastructures de communication a également constitué un point important des discussions. Face aux risques d’interruption des réseaux terrestres et des câbles sous-marins, les satellites peuvent constituer une solution de secours pour maintenir certaines communications et assurer la continuité de services essentiels.

Sur le plan réglementaire, l’ARTCI intervient notamment dans l’examen des demandes des opérateurs souhaitant fournir des services satellitaires. L’Agence ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques (AIGF) est, pour sa part, chargée des questions relatives à l’utilisation des fréquences et à leur conformité avec les recommandations de l’Union internationale des télécommunications (UIT).

La Société nationale de développement informatique (SNDI) a présenté son expérience dans le domaine, indiquant exploiter, depuis 2006, un réseau satellitaire destiné notamment à connecter des administrations, des universités et des centres de santé situés dans des zones isolées.

L’institution a également fait savoir que son hub et ses serveurs sont installés en Côte d’Ivoire, ce qui permet, selon elle, le traitement local des données et des transactions acheminées par satellite.

Les opérateurs ont, de leur côté, présenté des solutions combinant plusieurs technologies. Orange a notamment évoqué le lancement d’OrangeSat en janvier 2026, tandis que MTN Business privilégie une combinaison de la fibre optique, de la 4G et du satellite, en fonction des besoins de connectivité.

Les participants ont identifié plusieurs secteurs susceptibles de bénéficier de cette complémentarité technologique, notamment l’éducation, la télémédecine et l’administration numérique.

Ils ont toutefois relevé des défis liés au coût d’accès aux services satellitaires pour les populations rurales, à la coordination avec les constellations étrangères de satellites en orbite basse et à la sécurité des données transitant par des infrastructures qui ne sont pas entièrement nationales.

La session a réuni notamment le directeur général de Digital Transformation Platform (DTP-CI), Lassina Konaté, ainsi que des représentants de l’AIGF, de l’ARTCI et de la SNDI.

(AIP)

kkt/msl/cmas

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