Bongouanou, 08 oct 2026 (AIP)- Le vice-président de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao, Pénatchirigué Soro, a appelé, mercredi 7 octobre 2026, les producteurs du Moronou à sécuriser leurs cartes de producteur, en les considérant comme de véritables cartes bancaires, dans le cadre de la mise en œuvre du Système national de traçabilité.
« À partir du moment où la carte du producteur vous est remise, elle devient comme une carte bancaire. Vous n’avez pas le droit de la laisser traîner. Sa sécurité doit être assurée comme celle d’une carte Visa », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement régional de la campagne café-cacao 2026-2027, à la préfecture de Bongouanou.
M. Soro a expliqué que la carte du producteur constitue l’un des éléments essentiels du nouveau dispositif de traçabilité, aux côtés notamment du Terminal de paiement électronique (TPE), qui vise à sécuriser les opérations de commercialisation et à limiter la circulation de fortes sommes d’argent liquide.
Selon lui, le TPE permet d’enregistrer le montant de l’achat et de procéder au paiement dans un cadre sécurisé, réduisant ainsi les risques liés au transport et à la détention d’importantes quantités de liquidités par les acheteurs et les producteurs.
Le vice-président de l’OIA Café-Cacao a invité les producteurs et les sociétés coopératives à s’approprier ces nouveaux outils et à privilégier les opérations réalisées dans le cadre du Système national de traçabilité.
Il a notamment mis en garde les producteurs contre les acheteurs qui pourraient leur proposer des paiements en espèces en dehors du circuit officiel, soulignant les risques liés au faux monnayage, au blanchiment d’argent et à la contrebande.
« Faites attention aux gens qui peuvent venir vous proposer de vous payer cash en dehors du système national de traçabilité », a-t-il insisté, rapportant le cas survenu dans une région de l’Ouest du pays où des producteurs ayant vendu leur cacao contre des espèces se seraient ensuite rendu compte que les billets reçus étaient faux.
Pour M. Soro, la sortie d’une partie de la production du circuit officiel constitue également une menace pour les investissements futurs dans les zones de production.
Il a expliqué que les investissements réalisés dans les différentes zones sont notamment fonction du niveau de production enregistré. Dès lors, si une partie de la production est écoulée clandestinement, les données enregistrées ne reflètent plus le véritable potentiel de la zone, ce qui peut avoir des conséquences sur les investissements futurs dans la filière.
« Si vous sortez, par complicité avec d’autres acheteurs véreux, le produit de la commercialisation, soyez rassurés que les investissements au niveau de la filière ne pourront pas réellement refléter la réalité de votre production », a-t-il averti.
Il a invité les producteurs du Moronou à préserver les acquis de leur région, notamment en matière de qualité du cacao, estimant que la zone produit certes des volumes relativement modestes, mais se distingue par la qualité de son cacao.
Au-delà de ces recommandations pratiques, le vice-président de l’OIA Café-Cacao a présenté le Système national de traçabilité comme un facteur de durabilité de la filière, dans un contexte marqué par de nouvelles exigences des marchés internationaux.
Il a notamment évoqué l’importance du marché européen pour le cacao ivoirien et l’entrée en vigueur de la réglementation de l’Union européenne contre la déforestation, qui renforce les exigences en matière de traçabilité et de durabilité.
« Nous devons regarder ce système national de traçabilité comme un autre facteur de durabilité de la filière », a-t-il souligné, appelant les différents acteurs à une meilleure appropriation du dispositif.
(AIP)
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