jeudi, septembre 10

Abidjan, 08 sept 2026 (AIP) – L’Atelier international de formation des négociatrices et négociateurs francophones sur les changements climatiques s’est ouvert mardi 8 septembre 2026 à Abidjan, en présence du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, et du représentant de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Issa Bado.

Placé sous le haut patronage du Président de la République, Alassane Ouattara, et du Premier ministre Robert Beugré Mambé, cet atelier de quatre jours réunit 200 participants dont 60 en présentiel, afin de renforcer les capacités techniques, stratégiques et opérationnelles des négociateurs francophones à l’approche de la 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31), prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Türkiye.

« Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine. Il est une réalité présente et mesurable », a déclaré le ministre Abou Bamba. Il a rappelé que selon l’Organisation Météorologique Mondiale, les années allant de 2015 à 2025 ont été les plus chaudes jamais observées, 2025 s’étant classée au 3e rang des années les plus chaudes de la planète avec une température moyenne mondiale supérieure d’environ 1,43°C à celle de l’ère préindustrielle.

M. Bamba a également souligné le déficit criant de financement de l’adaptation, citant le Programme des Nations Unies pour l’Environnement selon lequel les besoins annuels des pays en développement pourraient atteindre entre 310 et 365 milliards de dollars américains en 2035. Ce, alors que les flux publics internationaux destinés à ces pays ne s’élevaient qu’à 26 milliards de dollars en 2023. « Les besoins sont donc douze à quatorze fois supérieurs aux financements disponibles », a-t-il déploré.

Pour la Côte d’Ivoire, le changement climatique menace directement l’agriculture, les ressources en eau, les forêts, la santé, les infrastructures et le littoral. La Banque mondiale estime que, sans action résolue, le produit intérieur brut réel par habitant du pays pourrait diminuer jusqu’à 13% à l’horizon 2050.

Le ministre a rappelé l’engagement de la Côte d’Ivoire sur le double front du plaidoyer international et de l’action nationale. Entre 2021 et le premier semestre 2026, plus de 8.500 sites clandestins d’orpaillage illégal ont été déguerpis et 4.474 personnes déférées devant la justice.

Le pays a par ailleurs lancé, à l’occasion de la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification tenue à Oulan-Bator en août 2026, une Coalition Africaine contre l’exploitation illégale de l’or et ses conséquences sur l’environnement.

Le ministre Abou Bamba

Les travaux de l’atelier porteront sur les dossiers structurant les négociations climatiques, à savoir l’adaptation, l’atténuation, la finance climatique, les pertes et préjudices, la transparence, les technologies, la transition juste, l’agriculture, les marchés carbone et le suivi du premier Bilan mondial.

Au nom de la secrétaire générale de la Francophonie, Issa Bado a salué le leadership de la Côte d’Ivoire en matière de lutte contre les changements climatiques et l’initiative africaine lancée par le ministre Abou Bamba contre l’orpaillage illégal. Il a souligné que la COP31 interviendra après un premier cycle complet du bilan mondial, après une nouvelle génération de rapports scientifiques plus précis et alarmants, et à moins de quatre ans de l’échéance de 2030.

M. Bado a indiqué que la Francophonie compte de nombreux pays parmi les plus vulnérables face aux effets néfastes des changements climatiques, dont 30 figurent dans des zones de forte vulnérabilité alors que la majorité de leurs populations dépendent de l’agriculture et des ressources naturelles.

Il a également relevé que le monde se dirige vers un réchauffement d’environ 2,5 à 2,9 °C d’ici la fin du siècle, loin de la recommandation du GIEC de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’environ 43% d’ici 2030 par rapport au niveau de 2019.

L’OIF a recommandé à ses États et gouvernements membres de faire de l’égalité homme-femme un outil efficace de lutte contre les changements climatiques. Entre 2018 et 2026, 597 femmes ont vu leurs capacités renforcées par l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) afin de participer pleinement aux négociations internationales sur le climat. L’OIF sera présente à la COP31 et mettra en place un pavillon dédié aux initiatives des États et gouvernements membres de la Francophonie.

L’atelier bénéficie du soutien de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment le Canada, la France et la Principauté de Monaco.

(AIP)

gak/cmas

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