Abidjan, 2 oct 2026 (AIP) – La Communauté villageoise de Djorogobité 2, représentée par son Doyen d’âge, Mambo Yapo a contesté l’intronisation présentée comme celle d’un nouveau chef de village, tenue dimanche 27 septembre 2026, estimant que cette initiative ne respecte ni les règles coutumières du village ni les dispositions encadrant la chefferie traditionnelle en Côte d’Ivoire.
Dans une déclaration faite à Djorogobité 2, jeudi 1er octobre 2026, la communauté dénonce une démarche qui, selon elle, a été organisée sans consultation préalable des six grandes familles, des sages et du Doyen d’âge, présenté comme le garant de la tradition et de la transmission coutumière du pouvoir.
La communauté rappelle que Nanan Minkan Assi Joseph est actuellement en exercice et indique qu’il a été investi conformément aux us et coutumes et dispose d’un arrêté préfectoral en cours de validité. Elle soutient, en conséquence, qu’une nouvelle intronisation ne saurait intervenir alors qu’un chef est déjà en fonction.
Dans sa déclaration, Mambo Yapo réaffirme son attachement au respect des textes régissant les villages et la chefferie traditionnelle en Côte d’Ivoire.
Il cite notamment la loi n°2014-428 du 14 juillet 2014 portant statut des Rois et Chefs traditionnels, le décret n°2015-358 du 20 mai 2015 portant organisation de la chefferie traditionnelle, ainsi que la circulaire n°20/INT/DGAT du 3 juin 1976 relative à l’organisation et au fonctionnement de la chefferie villageoise et aux conditions de désignation et de reconnaissance des chefs de village. Il mentionne également les arrêtés préfectoraux et le règlement intérieur du village.
Selon la déclaration, la circulaire précitée prévoit trois conditions cumulatives pour la reconnaissance d’un chef de village : l’appartenance à la famille régnante dont c’est le tour selon la rotation coutumière, une désignation conforme aux us et coutumes attestée par le Doyen d’âge et les six grandes familles, ainsi que l’existence d’une vacance constatée à l’expiration régulière du mandat en cours.
La communauté estime qu’aucune de ces conditions n’est réunie dans le cas d’Ally Atsè Achi Fabrice.
La déclaration s’appuie également sur le règlement intérieur du village, présenté comme ayant été initié sous l’impulsion de Nanan Minkan Assi Joseph et adopté à l’unanimité par les six grandes familles. Ce règlement prévoit, selon la communauté, un mandat de huit ans et ne comporte ni disposition transitoire ni clause de rétroactivité.
La communauté affirme ainsi que le mandat de Nanan Minkan Assi Joseph court du 11 juillet 2024 au 11 juillet 2032, sauf cas de vacance prévus par les textes. Elle invoque à ce propos l’article 2 du Code civil ivoirien relatif à la non-rétroactivité de la loi.
Sur le plan coutumier, la communauté affirme que la succession à la chefferie de Djorogobité 2 s’effectue suivant une rotation entre les six grandes familles. Elle indique que, selon cet ordre, la prochaine famille appelée à exercer la chefferie serait la famille N’Cho.
Elle précise, dans le même temps, qu’Ally Atsè Achi Fabrice est issu de la famille Yapi Kindia et soutient, sur cette base, qu’il ne peut prétendre succéder à Nanan Minkan Assi Joseph dans le cadre de la rotation coutumière invoquée.
La communauté exprime par ailleurs son regret face à cette situation, d’autant plus qu’Ally Atsè Achi Fabrice est présenté dans la déclaration comme un fils du village et un collaborateur direct du chef, exerçant également comme gendarme en fonction. Elle estime que celui-ci devrait plutôt contribuer au respect des textes et au maintien de l’ordre public dans le village.
Pour elle, les fils et filles de Djorogobité 2 devraient privilégier l’unité autour de la défense de ce patrimoine plutôt que de se diviser autour d’une question de succession qu’elle considère comme déjà organisée.
Face à cette situation, la communauté villageoise appelle les fils et filles de Djorogobité 2 au calme, au sens des responsabilités et au dialogue, tout en invitant au respect des us et coutumes, du règlement intérieur et des lois de la République.
Elle propose notamment la mise en place immédiate d’un comité de gestion représentatif des six grandes familles, la réalisation d’un audit indépendant de la gestion foncière et la poursuite des démarches judiciaires et administratives destinées à préserver les intérêts de la communauté.
Dans sa conclusion, Mambo Yapo insiste sur la nécessité de préserver l’unité et le patrimoine de Djorogobité 2 et de préparer sereinement la transmission du pouvoir.
(AIP)
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