Le Plan ORSEC, pour « Organisation des secours », est le dispositif d’organisation permettant de préparer et de coordonner les moyens nécessaires pour faire face à un accident, un sinistre ou une catastrophe. Le cadre réglementaire actuellement documenté par l’Office national de la protection civile est notamment constitué du décret n°98-505 du 6 septembre 1998 portant définition des Plans de secours en cas d’accident, de sinistre ou de catastrophe.
Le décret distingue notamment le Plan ORSEC national et les Plans ORSEC départementaux. Il prévoit également différents plans d’urgence.
Une origine qui remonte à 1979
L’Office national de la protection civile (ONPC) indique que l’origine du Plan ORSEC ivoirien remonte à 1979, année du décret n°79-643 du 8 août 1979 portant organisation du Plan de secours à l’échelon national en cas de catastrophe.
Le document opérationnel du Plan ORSEC conservé par l’ONPC renvoie également au décret n°79-643 du 8 août 1979, notamment pour la création et la composition de la Commission du Plan ORSEC et pour l’organisation de la coordination nationale des secours.
Les principales étapes
Le 15 avril 1961, un Service national de la protection civile est institué en Côte d’Ivoire. Le 23 juin 1976, le décret n°76-425 modifie et complète le dispositif de 1961. Le 30 mai 1974, le décret n°74-202 porte création du Groupement des sapeurs-pompiers militaires. Ces textes figurent dans les fondements réglementaires rappelés par le décret n°98-505.
Le 8 août 1979, le décret n°79-643 organise le Plan de secours à l’échelon national en cas de catastrophe. Le document opérationnel de l’ONPC précise notamment que la Commission du Plan ORSEC constitue le poste de commandement ORSEC national.
Le 8 décembre 1993, une instruction interministérielle vient préciser l’organisation opérationnelle des secours dans le cadre départemental et à l’échelon national en cas de sinistre important. Les principes de cette organisation sont repris dans le document opérationnel du Plan ORSEC disponible auprès de l’ONPC.
Le 6 septembre 1998, le décret n°98-505 vient structurer le système des Plans de secours en distinguant notamment les Plans ORSEC des différents Plans d’urgence.
En 2008, l’Office national de la protection civile est créé et devient un acteur institutionnel majeur de la prévention des risques et de la préparation et de la coordination des secours.
Le 10 octobre 2012, le décret n°2012-988 porte création de la Plateforme nationale de réduction des risques et de gestion des catastrophes.
Le 20 décembre 2023, le décret n°2023-1004 fixe les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’ONPC.
En juillet 2024, l’ONPC organise un atelier consacré à la révision du Plan ORSEC. L’Office précise alors que cette révision s’inscrit dans le Projet d’appui et de résilience urbaine et rappelle que l’origine du Plan ORSEC remonte à 1979.
En juin 2025, l’ONPC et la Direction générale de l’administration du territoire organisent une formation destinée au corps préfectoral afin de renforcer les capacités des préfets dans le déclenchement, l’exécution, la coordination et le suivi du Plan ORSEC.
En 2026, le dispositif reste activement mobilisé face aux risques liés à la saison des pluies. Le Gouvernement indique que les actions de prévention, de préparation, d’intervention et de rétablissement sont conduites sous la coordination du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Le décret n°98-505, texte structurant
Le décret n°98-505 du 6 septembre 1998 prévoit que la préparation des mesures de sauvegarde et la mise en œuvre des moyens de secours nécessaires pour faire face aux accidents, sinistres et catastrophes sont déterminées dans le cadre des Plans ORSEC et des Plans d’urgence.
Le texte distingue le Plan ORSEC national et les Plans ORSEC départementaux. Il définit également des Plans d’urgence, parmi lesquels les Plans particuliers d’intervention, les Plans rouges et les Plans de secours spécialisés.
L’ONPC présente également sur son site les différentes catégories de plans de secours et les modalités générales d’organisation des secours.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité est au centre de la coordination
Au niveau national, le ministre chargé de l’Intérieur est au centre de la coordination du Plan ORSEC national. Le document opérationnel de l’ONPC précise que la coordination interministérielle est assurée autour de commissions qui assistent le ministre de l’Intérieur et tiennent lieu d’état-major ORSEC national.
Le document précise également que le ministre de l’Intérieur détermine, avec les ministres concernés, le cadre de l’organisation statique des secours et les missions imparties à chaque département ministériel.
Au niveau départemental, lorsque le Plan ORSEC est appliqué, le commandement est confié au préfet. Celui-ci décide des dispositions à prendre et des moyens à mettre en œuvre.
En 2025, l’ONPC a d’ailleurs organisé, avec la DGAT, une formation au profit du corps préfectoral sur le déclenchement, l’exécution, la coordination et le suivi du Plan ORSEC.
Le rôle de l’ONPC
L’Office national de la protection civile constitue un acteur central de la protection civile ivoirienne. Ses attributions et son organisation sont notamment fixées par le décret n°2023-1004 du 20 décembre 2023.
En 2026, l’ONPC intervient notamment dans la prévention et la gestion des risques, la coordination des secours d’urgence et la préparation des interventions pendant la saison des pluies.
Les acteurs du Plan ORSEC
Le Plan ORSEC repose sur une coordination interservices. Le document opérationnel de l’ONPC prévoit la mobilisation de différents départements ministériels et services techniques, ainsi que des sociétés de transport, des opérateurs techniques et des structures privées en fonction de la nature du sinistre.
Le dispositif peut également mobiliser la Croix-Rouge ivoirienne, les secouristes, les donneurs de sang, les associations de jeunesse, les associations sportives et de sauvetage, ainsi que des entreprises disposant de moyens de navigation, de transport, de levage ou de déblaiement.
Organisation du commandement
Au niveau départemental, le préfet dirige les opérations lorsque le Plan ORSEC est appliqué. Son autorité s’exerce sur les différents groupements d’intervention mobilisés.
Le préfet dispose à ses côtés d’un état-major ORSEC, chargé notamment de rechercher, centraliser et diffuser les renseignements, de coordonner les actions et de répartir les personnels et les matériels.
Les principaux services opérationnels
Le service secours et sauvetage participe au sauvetage des personnes et des biens, au secours aux victimes, au déblaiement et aux recherches dans les décombres. Le dispositif prévoit également des interventions dans certains cas de sauvetage en mer, en lagune ou en rivière.
Le service soins médicaux et entraide intervient dans la prise en charge des victimes, leur triage et leur évacuation vers les établissements hospitaliers ainsi que dans l’organisation de l’accueil et de l’hébergement des sinistrés.
Le service police et renseignements participe notamment au renseignement de l’état-major ORSEC, au maintien de l’ordre et à la sécurisation des zones d’intervention.
Le service transports et travaux apporte les moyens techniques et logistiques nécessaires aux opérations et participe notamment au rétablissement des voies de communication.
Les sites à risque
Dans le District autonome d’Abidjan, 176 sites à risque, dont 77 en situation critique, ont été identifiés dans le cadre des travaux du Plan ORSEC. Ces données sont issues de travaux effectués et mis à jour chaque année par une équipe technique dont le secrétariat est assuré par l’ONPC.
Cette équipe comprend notamment l’ONPC, l’ONAD, les services techniques des 13 communes du District, le District autonome d’Abidjan, le service prévention du GSPM et le ministère chargé de la Solidarité.
Le document précise également que les 176 sites ne font pas l’objet d’un déguerpissement ou d’une démolition systématique. L’objectif annoncé est plutôt de procéder à l’élimination des causes des risques identifiés.
La liste publique des 77 sites critiques est disponible dans le document de synthèse du District autonome d’Abidjan.
À Abobo, trois sites sont recensés. Sagbé, Biabou et le bassin d’orage d’Anonkoua.
À Adjamé, un site est recensé à la Casse, jusqu’à la Préfecture de Police, en face de Macaci.
À Anyama, sept sites sont recensés, notamment le bassin de l’ancienne gendarmerie, le bassin d’orage en face de NSE, le secteur pharmacie pour tous ou bois sec au carrefour Adja, Belle Ville Résidentiel, la voie en chantier à la sortie Est, Belle Ville garage NSE et Allokoi village.
À Attécoubé, quatorze sites sont recensés, notamment Locodjoro, le secteur de l’église Harris, le secteur de la mosquée, Santé 3 à Mossikro, ainsi que plusieurs secteurs de Nematoulaye, Agban Attié, Cité Fairmond et Boribana.
À Bingerville, sept sites sont recensés, notamment Angorankoi, le CME, l’église Bonne Voie, certains secteurs de Belleville, la voie M’Batto Bouaké et Korhogobougou.
À Cocody, six sites sont recensés. Riviera 3 le Triangle, Bonoumin, Anono village, Blockhauss, le carrefour Zoo et le carrefour Deux Plateaux.
À Koumassi, la liste comprend notamment le Camp commando, la gare SITO, la rue des Sciences dans la zone industrielle, le secteur de l’hôpital, le site de vente de papier, le Maquis Calao, Marie Dominique, le Lycée municipal 1 et 2 ainsi que plusieurs axes et rues exposés à des problèmes de caniveaux.
À Marcory, sept sites sont recensés, notamment la Zone 4C avenue 7 Décembre, Hibiscus, Anoumambo Ferraille, Aliodan quartier Sans Fil, le village Amagou, la Casse au niveau du pont d’Anoumanbo et la Casse située derrière l’ARTCI.
À Port-Bouët, neuf sites sont recensés, notamment Vridi 3 village Zimbabwe, Vridi Cité, Anani Angou Kouamé Basile, Gonzagueville, Cité Toviato, l’Abattoir et ses environs, Vridi Canal ainsi qu’un quartier précaire situé derrière la CIE en bordure de mer.
À Songon, deux sites sont recensés : le carrefour Hévéa et Abadjin Kouté virage.
À Yopougon, vingt et un sites sont recensés, notamment plusieurs secteurs de GESCO, Banco Nord, Micao, Cité Caistab, Académie Pays-Bas, Cité Verte Extension, Niangon Adjamé Extension, Bonikro Cité Sako et GESCO Rivière.
Les sites particulièrement suivis pendant la saison des pluies 2026
Les opérations menées en 2026 témoignent de la poursuite de l’évaluation et de la surveillance des zones exposées.
À Cocody, le 22 avril 2026, une délégation conduite par le préfet d’Abidjan et le directeur général de l’ONPC a inspecté Boussangadougou, Allakro, Kisangani, Namaralongô, Belleville et Gobelet, notamment les zones d’écoulement des eaux et les secteurs d’habitation installés sur les flancs de collines ou dans les bas-fonds.
Le 29 avril 2026, l’ONPC et ses partenaires ont également poursuivi les opérations d’évaluation dans plusieurs zones de Cocody, notamment Djorogobité, la Cité Laurier, Angré Fondasso, Riviera Triangle et Star 9 B.
À Abobo, les services concernés ont également travaillé sur les sites de recasement temporaire susceptibles d’accueillir des populations exposées aux risques liés aux pluies.
Au niveau national, le dispositif présenté en juillet 2026 comprend des actions de prévention, préparation, intervention et rétablissement, conduites sous la coordination du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Le Gouvernement indique également que des unités de secours ont été prépositionnées dans les zones les plus exposées à Abidjan, notamment à Yopougon et Cocody-Riviera 3.
Les installations présentant des risques particuliers
Le décret n°98-505 prévoit également des Plans particuliers d’intervention pour certains ouvrages ou installations présentant des risques particuliers.
Ces dispositifs peuvent notamment concerner certaines installations classées, certains stockages de gaz et certains aménagements hydrauliques répondant aux critères prévus par le texte.
Les catastrophes qui ont éprouvé et renforcé le Plan ORSEC
Au fil des années, plusieurs catastrophes ont contribué à éprouver et à renforcer ce dispositif.
Les pluies diluviennes de juin 2009 à Abidjan constituent un épisode de mobilisation du Plan ORSEC. Les fortes précipitations ont provoqué des inondations, des glissements de terrain, des destructions d’habitations et de nombreuses victimes. Face à l’ampleur de la catastrophe, le Plan ORSEC a été déclenché le 16 juin 2009, avec le préfet d’Abidjan chargé de coordonner les opérations de secours. La mise en œuvre du dispositif a ensuite fait l’objet d’un bilan portant notamment sur l’assistance aux sinistrés et la coordination des interventions.
La récurrence des catastrophes s’est poursuivie avec de nouvelles pluies diluviennes en 2010, accompagnées d’inondations et de glissements de terrain. De nouvelles fortes pluies enregistrées le 24 juin 2010 ont notamment fait plusieurs victimes dans le District d’Abidjan et entraîné une nouvelle mobilisation des autorités.
Face à la répétition des inondations, les autorités ont progressivement renforcé la dimension préventive du dispositif. En 2012, la préparation de la saison des pluies a notamment porté sur l’identification des populations installées dans les zones exposées et sur leur éventuelle relocalisation.
Les fortes pluies de 2014, qui ont touché Abidjan et plusieurs régions du pays, ont à nouveau provoqué des pertes humaines et des dégâts matériels. Le Gouvernement a décidé de réactiver les équipes chargées de l’application du Plan ORSEC dans les départements, sous la coordination des préfets, avec la participation de l’ONPC et des services de secours.
Les pluies exceptionnelles des 18 et 19 juin 2018 ont constitué une nouvelle catastrophe majeure. Abidjan et plusieurs localités de l’intérieur ont enregistré de très fortes précipitations, provoquant des inondations meurtrières et d’importants dégâts. Le Conseil national de sécurité a alors arrêté plusieurs mesures destinées à renforcer la protection des populations et la prévention des risques.
Les inondations de 2020 ont également renforcé les actions publiques de prévention. Le Gouvernement a notamment annoncé des mesures contre les constructions obstruant les voies d’eau et poursuivi les investissements dans les ouvrages d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales.
En 2022, les fortes pluies et les inondations ont conduit les autorités à intensifier les opérations de prévention et de sécurisation. Le Gouvernement a notamment lancé une opération concernant 54 zones à risques dans les 13 communes du District autonome d’Abidjan, avec pour objectif d’éloigner les populations des secteurs les plus exposés.
La saison des pluies 2023 a confirmé la persistance du phénomène. Entre le 1er avril et le 10 juillet, les fortes précipitations ont provoqué des inondations, des éboulements et des effondrements, faisant 30 décès dans le District autonome d’Abidjan et plusieurs villes de l’intérieur. Le Gouvernement a renforcé le prépositionnement des secours et les actions de sensibilisation dans les zones à risques.
Les fortes précipitations et les inondations enregistrées en 2024 ont poursuivi cette tendance et renforcé les politiques de prévention et de réduction des risques. Gouvernement – Inondations et risques liés aux changements climatiques Cette même année, l’ONPC a engagé la révision du Plan ORSEC, afin d’adapter le dispositif à l’évolution des risques et de tirer les enseignements des expériences précédentes.
En 2025, la consolidation du dispositif s’est notamment traduite par le renforcement des capacités des autorités préfectorales. L’ONPC et la Direction générale de l’administration du territoire ont organisé une formation consacrée au déclenchement, à l’exécution, à la coordination et au suivi du Plan ORSEC.
Enfin, en 2026, la préparation et la gestion de la saison des pluies ont donné lieu à de nouvelles mesures de prévention et de préparation opérationnelle. Les acteurs opérationnels se sont réunis pour élaborer un plan d’action de secours face aux risques liés aux pluies, tandis que les opérations d’identification et d’évaluation des sites exposés se sont poursuivies dans plusieurs communes d’Abidjan. À Cocody, l’ONPC et le préfet d’Abidjan ont notamment évalué plusieurs sites à risque au cours de la saison des pluies.
Le Gouvernement a indiqué en juillet 2026 que Cocody, Bingerville, Songon et Yopougon avaient notamment été placés en vigilance orange en raison du risque élevé d’inondation.
Conclusion
Le Plan ORSEC en Côte d’Ivoire, dont l’origine remonte au décret n°79-643 du 8 août 1979, constitue le cadre national d’organisation des secours en cas d’accident, de sinistre ou de catastrophe. Le décret n°98-505 du 6 septembre 1998 en précise notamment l’organisation à l’échelle nationale et départementale. Placé sous la coordination du ministre chargé de l’Intérieur au niveau national, le dispositif est dirigé par le préfet lorsque le Plan ORSEC est déclenché au niveau départemental, avec l’ONPC au cœur de la prévention, de la préparation et de la coordination des secours.
À Abidjan, les travaux du dispositif ont permis d’identifier 176 sites à risque, dont 77 sites critiques rendus publics, une cartographie actualisée chaque année par les acteurs techniques concernés.
En 2026, la prévention et l’évaluation des risques se poursuivent notamment dans les communes exposées aux inondations, aux glissements de terrain et autres effets des pluies, comme l’ont montré les opérations menées à Cocody. Le Plan ORSEC demeure ainsi un dispositif évolutif de prévention, d’alerte, de mobilisation et de coordination des secours, associant l’État, les autorités préfectorales, l’ONPC, les services de secours, les collectivités territoriales et les autres acteurs concernés.
(AIP)
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