vendredi, octobre 9

Abidjan, 08 oct 2026 (AIP) – Le Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco (CHPC) entend réajuster le mécanisme d’approvisionnement en caoutchouc et renforcer son dispositif de régulation, après cinq mois d’application d’une décision encadrant notamment les primes accordées aux fournisseurs, a annoncé jeudi 8 octobre 2026 à Abidjan son directeur général, Edmond Coulibaly.

Il s’exprimait lors de la première réunion réunissant l’ensemble des principaux acteurs et opérateurs de la filière hévéa, organisée à l’hôtel Palm Club, à Abidjan Cocody, pour faire le bilan de la mise en œuvre de la décision prise en mai et rechercher des solutions aux dysfonctionnements constatés sur le terrain.

« Si nous sommes réunis ici, c’est simplement parce qu’en mai, nous avons pris une décision pour encadrer nos activités d’approvisionnement en matière première. Et cinq mois plus tard, il était utile qu’on se retrouve pour envisager les prochaines étapes », a expliqué le directeur général du CHPC.

Les échanges ont porté sur trois principaux sujets, à savoir le bilan de l’application du mécanisme de commercialisation, la régulation des ponts-bascules et la question des valeurs contractuelles à l’exportation.

Selon Edmond Coulibaly, la multiplication des ponts-bascules et le retour de pratiques non conformes au mécanisme de mai ont contribué à déséquilibrer l’approvisionnement. Plusieurs usiniers ont notamment fait état de primes dépassant largement le plafond fixé, de paiements de frais de transport et de la multiplication de points de collecte privés.

(De g. à dr): Jules Dally (FPH-CI), Edmond Coulibaly (CHPC), Charles-Emmanuel Yacé (APROMAC) et Lamine Sanogo (AUPCN) à Abidjan, le 08/10/2026.

Pour le DG du CHPC, le constat selon lequel une grande partie des opérateurs ne respecte pas la décision de mai impose de revoir le dispositif. « Lorsqu’une décision est prise et qu’elle n’est pas respectée, moi je me dis que ce n’était pas la bonne décision », a-t-il déclaré, estimant qu’il fallait désormais tenir compte de l’évolution du marché et des contraintes des différents maillons de la chaîne.

Il a annoncé, dans ce cadre, le maintien et la généralisation du bonus maximal de 10 FCFA sur l’ensemble des ponts-bascules, qu’ils soient situés dans les usines ou avancés, tout en ouvrant la réflexion sur la rémunération et les coûts logistiques des intermédiaires.

« Il nous faut introduire un différentiel de transport qui devrait constater ce que vous pratiquez en réalité », a-t-il indiqué, soulignant également la nécessité d’un traitement spécifique pour les coopératives de production, dont la situation financière peut être plus fragile que celle des coopératives commerciales.

Le CHPC entend par ailleurs durcir le contrôle du respect des nouvelles règles. Edmond Coulibaly a prévenu que les opérateurs reconnus en infraction pourraient faire l’objet d’une suspension immédiate de leurs activités d’exportation et d’achat, avec publication de la mesure, après établissement de leur responsabilité selon le dispositif qui sera arrêté.

Le président de l’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), Charles-Emmanuel Yacé, a salué la démarche du régulateur, estimant que toute décision prise pour organiser la filière doit être respectée par l’ensemble des acteurs. Le président des usiniers, Lamine Sanogo, a également plaidé pour des règles applicables à tous et des mesures consensuelles.

Les représentants des producteurs ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de préserver la stabilité de la filière et d’éviter une concurrence susceptible de fragiliser les opérateurs à long terme.

Pour Edmond Coulibaly, l’enjeu est désormais de parvenir à un dispositif adapté aux réalités économiques de la filière, tout en garantissant son équilibre et sa pérennité. « Ce n’est pas seulement une décision du CHPC, c’est une décision qu’on sera convaincu que la décision prise aujourd’hui est plus adaptée à la situation », a-t-il relevé.

La rencontre devrait ainsi déboucher sur des aménagements du mécanisme d’approvisionnement, dans une logique de concertation entre producteurs, transformateurs, intermédiaires et régulateur.

Selon les chiffres du CHPC, la Côte d’Ivoire est le 1er producteur africain et 3e producteur mondial de caoutchouc naturel. En 2024, le pays a produit 1 686 601 tonnes brutes dans 1 100 000 hectares de plantations.

(AIP)

cmas

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