Abidjan, 24 sept 2026 (AIP) – Magistrat hors hiérarchie du groupe A, Fodjo Kadjo Abo a été nommé, mercredi 23 septembre 2026, président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), après avoir consacré plus de quatre décennies à la magistrature et occupé plusieurs hautes fonctions au sein de l’administration judiciaire et sécuritaire ivoirienne.
Né en 1959 à Adoumkrom, dans la sous-préfecture d’Appimandoum, département de Bondoukou (Nord-Est ivoirien, région du Gontougo), Fodjo Kadjo Abo effectue ses premières études dans son village natal avant de poursuivre sa scolarité au Lycée moderne de Bondoukou, où il obtient son baccalauréat en 1978.
Il entreprend ensuite des études de droit à la Faculté de droit de l’Université d’Abidjan, puis intègre, en 1982, la section internationale de l’École nationale de la magistrature de France. Diplômé en 1984, il commence la même année sa carrière dans la magistrature.
Il exerce d’abord comme substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, avant d’être nommé juge d’instruction au même tribunal. Il est ensuite juge aux sections de tribunal de Sassandra puis de Soubré.
Son parcours l’amène également à exercer plusieurs responsabilités au ministère de la Sécurité. Il est notamment directeur de cabinet de ministres chargés de la Sécurité intérieure et de la Sécurité entre 1992 et 1996, puis de nouveau en 2000.
De 1996 à 1999, il occupe les fonctions de sous-directeur de la Législation au ministère de la Justice. Après un premier passage à l’Inspection des Services judiciaires et pénitentiaires en 2002, il est nommé procureur général près la Cour d’appel de Bouaké en janvier 2004, fonction qu’il exerce jusqu’en juin 2011.
Fodjo Kadjo Abo retrouve ensuite les fonctions de directeur de cabinet au ministère de la Justice à plusieurs reprises entre 2011 et 2014, avant d’être nommé inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires, fonction qu’il exerce depuis mars 2014.
À ce titre, il a également présidé plusieurs instances disciplinaires et administratives, notamment la Commission administrative paritaire des greffiers depuis 2017, le Conseil de discipline des services pénitentiaires depuis 2017 et le Conseil de discipline des greffiers depuis 2018.
Son parcours professionnel s’est aussi enrichi d’activités de formation et de participation à diverses structures. Il a notamment été formateur à l’École de la magistrature et des professions judiciaires d’Abidjan, membre de la Commission supérieure des recours auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), ainsi que président du Conseil d’administration du Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA).
Au-delà de la magistrature, Fodjo Kadjo Abo est également connu pour son activité littéraire. Il est l’auteur de 14 ouvrages publiés aux éditions L’Harmattan, parmi lesquels Pour un véritable réflexe patriotique en Afrique (2002), Que reste-t-il de l’autorité en Afrique ? (2008), Au nom de la Politique (2016), Mon grand-père me disait (2021), L’Apocalypse n’a pas eu lieu (2023) et Ma grand-mère me disait… (2025).
Il est également l’auteur d’une soixantaine d’articles publiés sur son blog et co-auteur de l’ouvrage collectif Penser la réconciliation pour panser la Côte d’Ivoire, paru en 2015.
Son parcours lui a valu plusieurs distinctions, dont les grades de commandeur de l’Ordre du mérite de la Justice et de l’Ordre du mérite de la Fonction publique, ainsi que celui d’officier de l’Ordre national et de chevalier de l’Ordre du mérite culturel.
Lauréat de plusieurs prix littéraires, il a notamment reçu le Prix Haut de Gamme pour la littérature en 2008 et le deuxième Prix d’Excellence pour la littérature en 2017.
Chef de son village natal d’Adoumkrom, Fodjo Kadjo Abo est marié et père de six enfants.
Avec sa nomination à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature, il est appelé à mettre à profit cette longue expérience de magistrat, de responsable administratif et d’acteur de la justice ivoirienne au sein de l’instance constitutionnelle chargée notamment des questions relatives à la carrière et à la discipline des magistrats.
(AIP)
cmas
