Abidjan, 25 sept 2025 (AIP)– Le président du Conseil présidentiel de transition en Haïti, Anthony Franck Laurent Saint Cyr, a appelé la communauté internationale à une réponse urgente et décisive face à la crise sécuritaire qui ravage son pays.
Devant l’Assemblée générale des Nations Unies, il a dénoncé une « guerre entre criminels » qui impose la violence comme ordre social à une population désarmée.
Le dirigeant haïtien a exhorté les Nations Unies et leurs partenaires à déployer les grands moyens. « Pas de demi-mesures, mais une action forte, coordonnée et immédiate », a-t-il insisté, plaidant pour une riposte ferme contre les réseaux criminels puissamment armés qui menacent la stabilité non seulement d’Haïti, mais de toute la région caribéenne.
Saluant le courage des forces de l’ordre haïtiennes et la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), le Président haïtien a cependant exprimé sa déception face au déploiement partiel des effectifs promis : seulement un millier de membres sont actuellement sur le terrain, alors que 2 500 étaient prévus. Ce déficit de moyens opérationnels limite gravement l’impact de la mission dans un contexte d’urgence extrême.
Dans un plaidoyer empreint de dignité, M. Saint Cyr a réaffirmé les aspirations fondamentales du peuple haïtien, à savoir le développement, le respect de la dignité humaine et la paix. « Notre peuple, digne et résilient, revendique ces promesses universelles pour lui-même et pour l’humanité entière », a-t-il déclaré.
Enfin, évoquant une mémoire historique encore vive, il a rappelé que 2025 marque le bicentenaire de l’ordonnance ayant imposé à Haïti le paiement d’une rançon à la France pour obtenir la reconnaissance de son indépendance. « Il ne s’agit pas d’un esprit de revanche, ni d’acrimonie, mais d’un devoir de justice et de vérité », a-t-il souligné, saluant la résolution adoptée le 5 juin 2025 dernier par l’Assemblée nationale française reconnaissant l’injustice de cette dette imposée.
(AIP)
sdaf/cmas
