mercredi, août 19

Abidjan, 19 août 2026 (AIP)- La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a reçu, mardi 18 août 2026 à Los Angeles, son étoile sur le célèbre Hollywood Walk of Fame, devenant la première artiste noire africaine à recevoir cette prestigieuse distinction, une reconnaissance qui consacre plus de quatre décennies d’une carrière internationale au service de la musique africaine.

Les larmes aux yeux, Angélique Kidjo a participé à la cérémonie entourée notamment de l’acteur américain Willem Dafoe et du producteur Harvey Mason Jr., président-directeur général de la Recording Academy. À 66 ans, la chanteuse aux cinq Grammy Awards franchit ainsi une nouvelle étape dans une carrière marquée par le croisement des cultures et des genres musicaux.

La Chambre de commerce d’Hollywood, qui décerne les étoiles du Walk of Fame, a mis en avant notamment sa contribution au rayonnement de la musique africaine et son rôle dans l’ouverture de la voie à de nombreux artistes du continent.

L’annonce de l’attribution de cette distinction, faite à l’été 2025, avait suscité la joie de l’artiste. « Je suis certes la première chanteuse africaine à avoir une étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood, mais je suis persuadée que je ne serai pas la dernière », avait-elle déclaré, exprimant son souhait de voir d’autres artistes africains lui succéder.

Une carrière commencée au Bénin

Née le 14 juillet 1960 à Ouidah, au Bénin, Angélique Kidjo découvre très tôt la scène artistique. Elle commence à chanter dès l’âge de six ans au sein de la troupe de théâtre de sa mère et s’imprègne parallèlement des musiques et danses traditionnelles de son pays. À 11 ans, elle compose déjà ses premières chansons.

Elle se fait connaître au Bénin avec son album « Pretty », sorti au début des années 1980, avant de poursuivre sa formation et sa carrière en France. Installée à Paris en 1983, elle devient notamment la chanteuse du groupe de jazz africain Pili Pili, avec lequel elle participe à plusieurs albums. Son talent attire alors l’attention du producteur britannique Chris Blackwell, fondateur du label Island Records, connu notamment pour avoir accompagné la carrière de Bob Marley.

Cette rencontre marque un tournant. Signée par le label Mango, Angélique Kidjo enregistre « Logozo » en 1991. L’album, porté notamment par les titres « Batonga » et « We We », rencontre un succès international et atteint la première place du classement World Music de Billboard, lui ouvrant les portes des grandes scènes internationales.

Une artiste au carrefour des cultures

Avec « Ayé » en 1994, notamment marqué par le succès de « Agolo », puis « Fifa » en 1996, Angélique Kidjo affirme un style qui mêle sonorités béninoises, afrobeat, funk, jazz, soul et musiques populaires internationales. Elle poursuit cette exploration avec « Oremi », « Black Ivory Soul » et « Oyaya! », une trilogie consacrée aux liens entre les traditions africaines et les musiques issues de la diaspora.

Son album « Djin Djin », sorti en 2007, lui vaut son premier Grammy Award. Elle en remportera ensuite quatre autres, notamment pour « Eve », « Sings », « Celia » et « Mother Nature », faisant d’elle l’une des artistes africaines les plus récompensées dans l’histoire des Grammy Awards.

Au fil de sa carrière, la chanteuse a également collaboré avec de nombreuses figures de la musique mondiale, dont Carlos Santana, Gilberto Gil, Alicia Keys, Bono, Peter Gabriel, Herbie Hancock et, plus récemment, les artistes nigérians Burna Boy et Davido.

Cette ouverture musicale lui a permis de faire dialoguer les héritages africains avec les influences américaines, brésiliennes, caribéennes et européennes, tout en conservant une forte identité béninoise.

Au-delà de la musique, Angélique Kidjo est également engagée dans la défense de l’éducation et des droits des enfants. Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF depuis 2002, elle a créé en 2006 la Fondation Batonga, consacrée notamment à l’accès des jeunes filles africaines à l’éducation.

Avec son étoile sur Hollywood Boulevard, la chanteuse béninoise ajoute ainsi une nouvelle distinction à un parcours déjà jalonné de récompenses internationales. Une consécration qui, au-delà de sa personne, met en lumière la contribution de la musique africaine à la scène culturelle mondiale.

(AIP)

kg/cmas

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