Abidjan, 24 sept 2026 (AIP) – L’ancien responsable de la Séléka, Mahamat Saïd Abdel Kani, a été reconnu, mercredi 23 septembre 2026 par la Cour pénale internationale (CPI), coupable de crimes contre l’humanité commis en 2013 en République centrafricaine, notamment pour emprisonnement, torture, persécution et autres actes inhumains
Le verdict a été rendu par la chambre de première instance de la CPI, présidée par la juge Miatta Maria Samba, au terme de quatre années de détention et de procédure judiciaire à La Haye.
Les crimes retenus contre Mahamat Saïd Abdel Kani ont été commis alors qu’il dirigeait l’Office central de répression du banditisme (OCRB) à Bangui, dans le contexte de la guerre civile centrafricaine, notamment à l’encontre de personnes considérées comme proches ou soutiens de l’ancien président François Bozizé.
Lors de la lecture du jugement, la présidente de la chambre a décrit les conditions de détention dans les cellules souterraines de l’OCRB, évoquant des locaux sombres, exigus, sales et insuffisamment aérés, ainsi que des actes de torture et des traitements infligés aux détenus lors des interrogatoires.
La chambre a également relevé les souffrances et les séquelles laissées par ces traitements sur certaines victimes.
Âgé de 56 ans, Mahamat Saïd Abdel Kani a toutefois été acquitté des chefs de crimes de guerre, de traitements cruels et d’atteintes à la dignité humaine pour lesquels il était également poursuivi.
Il est le premier haut responsable de la Séléka à être jugé par la CPI dans le cadre des violences commises en Centrafrique. Avant lui, Patrice-Édouard Ngaïssona et Alfred Yekatom, issus du camp anti-balaka, avaient été condamnés en première instance respectivement à 15 et 20 ans de prison. Les poursuites contre un autre ancien responsable anti-balaka, Maxim Mokom, avaient été abandonnées faute de témoins.
La CPI doit déterminer ultérieurement la peine à laquelle Mahamat Saïd Abdel Kani sera condamné.
(AIP)
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