Abidjan, 02 déc 2025 (AIP)-Le ministre camerounais du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona a appelé à patienter jusqu’à la publication des résultats des enquêtes ouvertes à la suite du décès en détention de l’opposant Anicet Ekane, survenu au secrétariat d’État à la Défense (SED) à Yaoundé, rapportent mardi 2 décembre plusieurs médias internationaux.
« Je crois qu’avant de lancer l’opprobre sur qui que ce soit, il est souhaitable d’attendre le résultat de ces enquêtes », a déclaré M. Owona, exprimant le souhait que celles-ci soient « rapides afin que la famille puisse faire son deuil en toute sérénité ».
Le ministre a dit « regretter profondément » le décès du président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), avec qui il assure avoir entretenu des relations « empreintes de respect mutuel », malgré leurs divergences politiques.
Le gouvernement a annoncé lundi l’ouverture immédiate d’une enquête destinée à déterminer de manière « précise et objective » les causes du décès, tout en affirmant que M. Ekane avait bénéficié de « soins appropriés » durant sa détention.
Une version contestée par son avocat, Me Ngouana Ulrich Juvénal, qui assure avoir retrouvé son client « très affaibli » et presque incapable de parler lors de leur dernière rencontre, le 25 novembre. Il affirme qu’Anicet Ekane jugeait « absolument nécessaire » de consulter son pneumologue.
La coordinatrice de l’Ong New Human rights, Cyrille Rolande Bechon, dénonce, pour sa part, une détention « arbitraire » et une pratique « inacceptable au regard des engagements internationaux du Cameroun ».
Le MANIDEM exige l’établissement des responsabilités, qualifiant le décès de son leader de « crime d’État » et de « violation grave des droits humains ». Dès le 21 novembre, le parti avait déjà évoqué une « mise à mort programmée » dans un communiqué.
Arrêté le 24 octobre, deux jours après avoir mis en garde contre « une incitation à la révolte » face à la nouvelle candidature du président Paul Biya pour un 8e mandat, Anicet Ekane était poursuivi pour « insurrection et rébellion ».
(AIP)
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