samedi, septembre 12

Abidjan, 11 sept 2026 (AIP)- Le 18e sommet des Brics ouvre ce vendredi 11 septembre 2026 à New Delhi, dans la capitale indienne, dans un contexte géopolitique sous tension.

Le sommet va s’achever dimanche. Onze pays membres et dix pays partenaires se réunissent sous l’égide de l’Inde, qui préside cette année l’organisation. Quelque 7 000 policiers ont été déployés pour garantir la sécurité des différentes délégations, qui n’ont jamais été aussi nombreuses.

Pour le Premier ministre indien, Narendra Modi, la rencontre doit permettre à New Delhi d’assumer son statut de puissance diplomatique.

En effet, ce sommet s’ouvre dans un contexte géopolitique explosif. Depuis février, l’Iran, membre des Brics, est en guerre contre les États-Unis et Israël. Deux autres pays de l’organisation, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, se retrouvent directement engagés dans le conflit, car accusés par Téhéran d’avoir prêté main-forte à l’effort militaire occidental. Ils ont été visés à plusieurs reprises par des tirs iraniens, avant de mener eux-mêmes des frappes de représailles contre l’Iran.

« Des désaccords existent au sein des Brics depuis la création du groupe. L’idée n’a jamais été que tous les pays membres partagent la même vision stratégique. Son ambition est plus modeste, à savoir, rassembler des nations qui regardent, à travers un prisme commun, les grands enjeux de la gouvernance économique mondiale », tempère Harsh V. Pant, professeur de relations internationales au King’s College London.

Le pic du sommet reste la visite officielle de Xi Jinping, la première en Inde depuis 2019. Les relations entre les deux géants asiatiques ont été gelées après les affrontements meurtriers dans les régions frontalières de l’Himalaya, en juin 2020, entre soldats indiens et chinois. Ces différends sur le tracé de la frontière, l’une des plus longues au monde, empoisonnent les relations entre Pékin et New Delhi depuis des décennies.

Selon les observateurs, la présence de Xi Jinping à New Delhi serait le signe d’une reprise des négociations. Cette visite n’en est pas moins cruciale sur le plan économique. La délégation chinoise compte plus de 400 membres, dont de nombreux chefs d’entreprise.

Pour Narendra Modi, l’enjeu est de taille parce qu’en 2025, New Delhi affichait un déficit commercial record de plus de 100 milliards de dollars avec Pékin. En outre, l’Inde subit les restrictions chinoises sur l’exportation des terres rares et de certaines technologies stratégiques. « L’Inde est complètement dépendante de la Chine », résume la géopolitologue, Swasti Rao.

Vladimir Poutine sera également présent à New Delhi, alors que le conflit en Ukraine s’éternise. Si l’Inde continue d’acheter du pétrole russe et dépend encore de Moscou pour l’entretien de ses équipements militaires hérités de l’époque soviétique, le partenariat entre les deux pays a sensiblement évolué ces dernières années.

En août, lors d’une rencontre à Bichkek, Narendra Modi avait publiquement appelé Vladimir Poutine à cesser « les guerres sans fin ». Un signal salué en Occident, qui masque une inquiétude plus profonde côté indien, c’est-à-dire, celle de voir Moscou basculer dans l’orbite chinoise.

Créé en 2009 par quatre pays fondateurs que sont, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, le groupe s’est progressivement élargi avec l’adhésion de nouveaux États. L’Afrique du Sud a rejoint l’organisation dès 2011, donnant naissance à l’acronyme Brics.

En 2024, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont intégré à leur tour le groupe, suivis un an plus tard par l’Indonésie, portant le nombre d’États membres à onze.

Aussi, lors du sommet de 2024 à Kazan, en Russie, a été créé un nouveau statut de « pays partenaire », permettant à dix autres nations, dont la Biélorussie, le Vietnam, le Nigeria ou le Kazakhstan, de participer aux réunions sans pour autant devenir membres à part.

(AIP)

tls/cmas

Share.

Comments are closed.

Exit mobile version