Abidjan, 25 jan 2026 (AIP) – Plus de 830 millions de personnes vivent aujourd’hui dans l’extrême pauvreté dans le monde, un phénomène dont le profil a profondément évolué au cours de la dernière décennie, selon de nouvelles données de la Banque mondiale issues de sa Global Monitoring Database (GMD), la plus vaste base mondiale de données harmonisées d’enquêtes auprès des ménages.
Les données actualisées mettent en évidence cinq faits marquants, apprend-on dans un bulletin de la Banque mondiale transmis à l’AIP le dimanche 25 janvier 2026.
D’abord, la part des personnes en situation d’extrême pauvreté vivant dans des pays à faible revenu a presque doublé en dix ans, passant de 23 % en 2013 à 44 % en 2023, alors même que la part de la population mondiale vivant dans ces pays n’a progressé que marginalement. La pauvreté, bien qu’en recul à l’échelle mondiale, s’enracine de plus en plus dans les pays les plus pauvres.
Deuxième tendance majeure, l’extrême pauvreté se concentre désormais en Afrique subsaharienne. Alors qu’en 2013, près de la moitié des personnes pauvres vivaient en Asie du Sud et en Asie de l’Est-Pacifique, cette proportion est tombée à 15 % en 2023. À l’inverse, sept personnes pauvres sur dix dans le monde résident aujourd’hui en Afrique, contre quatre sur dix il y a dix ans.
Troisièmement, malgré des progrès notables, la pauvreté mondiale demeure essentiellement rurale. En 2023, près des trois quarts des personnes vivant dans l’extrême pauvreté habitaient en milieu rural. En Afrique, la situation est plus marquée encore, avec cinq pauvres sur sept vivant en zone rurale. Contrairement aux autres régions, la pauvreté urbaine a également augmenté sur le continent, gagnant quatre points de pourcentage entre 2013 et 2023.
Quatrième constat, les zones rurales d’Afrique subsaharienne abritent désormais plus de la moitié de la population mondiale en situation d’extrême pauvreté, soit 53 % en 2023, alors qu’elles ne représentent que 10 % de la population mondiale. La pauvreté urbaine africaine progresse également, avec une part passée de 7,4 % à 18,4 % de la pauvreté mondiale en dix ans.
Enfin, les enfants représentent près de la moitié de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté. En 2023, 46 % des personnes extrêmement pauvres avaient moins de 15 ans, confirmant une surreprésentation persistante des enfants et des jeunes parmi les populations les plus vulnérables.
Selon la Banque mondiale, ces évolutions soulignent l’urgence de cibler les politiques de développement vers les zones et les groupes où la pauvreté est la plus tenace, notamment en Afrique subsaharienne, dans les zones rurales et en faveur des enfants et des jeunes, afin d’éviter que les inégalités structurelles ne compromettent les perspectives des prochaines générations.
(AIP)
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