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Abidjan, 21 juil 2026 (AIP) – Reporters sans frontières (RSF) alerte sur une utilisation croissante de la notion de sécurité nationale comme outil de répression contre les journalistes, dans un rapport publié lundi 20 juillet 2026, intitulé « Quand la sécurité nationale devient une arme contre le journalisme ».

L’organisation de défense de la liberté de la presse affirme que des journalistes sont de plus en plus poursuivis, emprisonnés, placés sous surveillance, contraints à l’exil, voire tués au nom de la protection des intérêts de l’État, une dérive qui, selon elle, touche aussi bien les régimes autoritaires que les démocraties.

« La sécurité nationale ne peut pas devenir un prétexte permettant aux gouvernements de faire taire les journalistes. Chaque poursuite abusive, chaque détention arbitraire et chaque loi détournée contre la presse fragilise non seulement la liberté d’informer, mais aussi le droit des citoyens à accéder à l’information », a déclaré la directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé.

Condamné pour avoir parlé, Jimmy Lai, fondateur de Apple Daily croupt depuis plus de 2 000 jours à Hong Kong (Photo: RSF)

Le rapport cite notamment le cas de Jimmy Lai, fondateur du quotidien indépendant hongkongais Apple Daily, détenu depuis plus de 2 000 jours pour des accusations liées à la sécurité nationale après avoir continué à publier des enquêtes critiques à l’égard de Pékin. Son journal a été contraint de cesser ses activités après l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.

RSF souligne toutefois que ce cas est loin d’être isolé. L’organisation évoque notamment le journaliste saoudien Turki al-Jasser, exécuté après avoir été poursuivi au nom de la sécurité nationale, ainsi que les journalistes Frenchie Mae Cumpio, aux Philippines, et Zhang Zhan, en Chine, emprisonnés pour avoir exercé leur métier.

Selon le rapport, les accusations d’espionnage, de terrorisme, de trahison, de diffusion de « fausses informations » ou encore d’atteinte aux intérêts de l’État sont désormais utilisées dans de nombreux pays pour justifier arrestations, détentions arbitraires, surveillance illégale et censure des professionnels des médias.

RSF relève que cette tendance s’est accentuée dans le contexte de la multiplication des conflits armés et de la progression des régimes autoritaires. L’organisation cite notamment les restrictions imposées aux journalistes palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, les pressions exercées contre la presse dans les pays du Sahel, ainsi que la diffusion internationale de pratiques telles que les lois sur les « agents de l’étranger » inspirées du modèle russe ou les dispositifs de surveillance numérique développés par la Chine.

L’organisation rappelle également que son Classement mondial de la liberté de la presse 2026 a montré une dégradation de l’environnement juridique dans plus de 60 % des pays entre 2025 et 2026, illustrant une tendance mondiale à la criminalisation du journalisme par le recours à des législations d’exception.

Le rapport formule dix recommandations destinées à renforcer durablement la protection de la liberté de la presse et appelle les États à réaffirmer que le journalisme ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale, mais un pilier essentiel de l’État de droit et de la démocratie.

(AIP)

cmas

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