samedi, septembre 12

Abidjan, 11 sept 2026 (AIP)- La Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme au Soudan du Sud a exprimé, jeudi 10 septembre 2026, sa préoccupation face à la persistance des violences et aux tensions politiques dans le pays, à quelques mois des élections annoncées pour décembre.

Au terme d’une mission de quatre jours, sa quatorzième visite d’enquête dans le pays en dix ans, la Commission a relevé la persistance de graves atteintes aux droits humains, la réduction de l’espace civique, la corruption et l’impunité. Elle appelle les autorités à renforcer la protection des populations civiles et à garantir l’accès de l’aide humanitaire aux personnes vulnérables.

Lors de sa mission, la présidente de la Commission, Yasmin Sooka, s’est notamment rendue dans l’État de Jonglei, dans le nord du pays, où elle a recueilli les témoignages de survivants des récents affrontements. Ceux-ci ont fait état de meurtres, de violences sexuelles, de déplacements forcés et de séparations familiales, ainsi que de difficultés d’accès aux soins médicaux et à l’accompagnement psychosocial.

La situation humanitaire demeure également préoccupante. La Commission fait état d’une multiplication des attaques contre les civils et d’obstacles aux opérations humanitaires, dans un contexte marqué par des besoins importants et un financement insuffisant. Elle insiste sur la nécessité de maintenir le soutien aux opérations humanitaires et à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Cette inquiétude intervient alors que le pays se prépare à organiser, en décembre, ses premières élections depuis son indépendance en 2011. La Commission estime que plusieurs conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin pacifique et crédible ne sont pas encore réunies, notamment en raison du rétrécissement de l’espace politique et civique.

Elle préconise, à cet effet, un dialogue politique véritablement inclusif associant notamment l’opposition, les groupes réfractaires, la société civile, les femmes et les jeunes. Elle considère également que l’accord de paix revitalisé de 2018 demeure essentiel pour favoriser la stabilité du pays.

La Commission pointe, par ailleurs, la corruption et l’impunité comme des facteurs qui continuent d’alimenter l’instabilité. Elle appelle à des progrès en matière de justice et à l’ouverture d’enquêtes permettant de poursuivre les auteurs présumés de graves violations des droits humains.

Le Soudan du Sud, devenu indépendant du Soudan en juillet 2011, reste marqué par les conséquences du conflit déclenché en 2013 entre les forces du président Salva Kiir et celles de son ancien vice-président Riek Machar. Malgré l’accord de paix conclu en 2018, les violences et les tensions politiques persistent.

(AIP)

msl/haa

 

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