jeudi, octobre 8

Kouto, 06 oct 2026 (AIP) – Dans les établissements scolaires de Kouto, la rentrée scolaire 2026-2027 s’accompagne d’améliorations visibles dans le domaine de l’hygiène et des conditions de vie des élèves. Points d’eau, cantines, toilettes et opérations de salubrité témoignent des efforts engagés pour offrir un environnement scolaire plus sain. Mais sur le terrain, l’absence d’infirmeries et la vétusté de certains équipements rappellent que plusieurs défis restent encore à relever.

Des points d’eau disponibles, mais des besoins à satisfaire

À Kouto, l’accès à l’eau constitue l’un des éléments appréciés par les élèves dans leur quotidien scolaire.

Dans la circonscription de l’Inspection de l’enseignement préscolaire et primaire (IEPP), qui compte sept établissements préscolaires et 38 écoles primaires, soit 45 écoles, les infrastructures recensées comprennent 20 cantines et 30 toilettes. En revanche, aucune infirmerie n’est signalée dans ces établissements.

Au lycée moderne Ziguitié, les points d’eau sont particulièrement sollicités. Élève en classe de 3e3 et sous-cheffe de classe, Dimblé Guela Grâce explique que les robinets servent à plusieurs usages au cours de la journée. Les élèves peuvent notamment y boire, remplir les seaux utilisés pour nettoyer les tableaux ou encore se laver après les cours d’éducation physique et sportive.

Pour les apprenants, la disponibilité de l’eau représente ainsi un élément concret de leur confort quotidien. Elle facilite également l’adoption de gestes simples d’hygiène au sein de l’établissement.

Un élève se lave les mains au second point d’eau du lycée moderne ziguitié de Kouto

Des cantines scolaires accessibles et appréciées

À quelques pas des salles de classe, la cantine scolaire constitue un autre équipement qui change le quotidien de nombreux élèves, particulièrement ceux qui viennent des villages environnants.

Au lycée moderne Ziguitié de Kouto, le repas est proposé à 100 FCFA. Pour Dao Zatio Febé, élève en Terminale, ce prix demeure accessible et permet de préserver une partie de son argent de poche.

Originaire de Boyo, localité située à environ cinq kilomètres de Kouto, l’élève apprécie surtout la possibilité de déjeuner sur place. Plus besoin, à la mi-journée, de parcourir la distance séparant le lycée de son domicile avant de revenir pour les cours de l’après-midi.

Sa camarade Diabaté Kartio, également en Terminale, insiste elle aussi sur l’utilité de la cantine lorsque les enseignements reprennent à 14 heures. Le repas pris sur place permet aux élèves de rester dans l’établissement, de réviser leurs cours et de préparer leurs devoirs avant la reprise.

Les deux élèves apprécient par ailleurs la consistance des repas et jugent le tarif de 100 FCFA accessible aux différentes catégories d’apprenants.

Des toilettes disponibles, avec des exigences d’entretien

Dans les établissements visités, les toilettes font partie des équipements qui contribuent directement aux conditions sanitaires des élèves.

À Kouto, leur présence ne suffit toutefois pas à garantir leur utilisation systématique. Des jeunes filles rencontrées expliquent qu’elles préfèrent éviter ces installations lorsqu’elles ne les trouvent pas suffisamment propres. Elles attendent alors que les conditions leur paraissent plus satisfaisantes avant de les fréquenter.

Le constat fait apparaître une réalité simple : construire des ouvrages sanitaires constitue une première étape, mais leur entretien régulier reste indispensable pour qu’ils répondent effectivement aux besoins des élèves.

Les blocs toilettes pour garçons (couleur jaune) et filles (couleur rouge) au lycée moderne ziguitié de Kouto

Des efforts pour améliorer l’hygiène et la salubrité en milieu scolaire

À l’École primaire catholique de Kouto, le directeur, Koné Dognimé, observe également des avancées dans l’amélioration du cadre scolaire.

L’établissement accueille près de 250 élèves. Il dispose d’un point d’eau, de quatre toilettes et d’une cantine offerte par un cadre, dont l’ouverture est attendue au cours de l’année scolaire. Des poubelles sont également disponibles dans les salles de classe, à raison d’une par classe.

Au collège privé Yatawa de Kouto, les élèves mettent eux aussi en avant les efforts réalisés. En classe de 3e2, Douan Zranhnin Eliézer apprécie notamment la disponibilité régulière de l’eau et l’absence d’embouteillage aux robinets pendant les récréations.

En Première dans le même établissement, Zon Audrey Orlane estime que les toilettes répondent aux besoins des élèves grâce à leur entretien régulier.

Le directeur des études, Zahi Guy Roland, assure que des poubelles sont installées dans les classes et devant les bâtiments. Il souligne également les efforts déployés pour préserver la santé des apprenants.

L’entretien des locaux fait partie de ces actions. Les salles de classe et la cour sont régulièrement assainies à l’occasion des journées de salubrité fixées par la tutelle.

Au lycée moderne Ziguitié, la question du lavage des mains reste toutefois d’actualité. L’encadreur de la coopérative, Yéo Bakary, indique que l’établissement, avec le club hygiène et santé et les services de la vie scolaire, recherche l’appui de personnes de bonne volonté pour réinstaller des dispositifs de lavage des mains au marché des élèves, dans les toilettes et au portail.

Ces équipements existaient auparavant, mais ils sont aujourd’hui devenus désuets. Leur renouvellement apparaît donc nécessaire pour maintenir les bonnes pratiques d’hygiène au quotidien.

Des équipements sanitaires encore à renforcer

Derrière les progrès enregistrés, certaines insuffisances demeurent visibles.

À l’École primaire catholique, le directeur relève notamment l’état de la clôture de l’établissement. Ancienne, elle présente des brèches par endroits, ce qui fragilise la sécurisation du cadre scolaire.

Au collège privé Yatawa, la situation est différente. L’établissement dispose déjà d’un préau adapté et d’une clôture. La généralisation de ce type d’équipements de protection et d’abri demeure cependant un enjeu pour améliorer le confort et les conditions de vie scolaire dans l’ensemble des établissements de la localité.

La nouvelle cantine de l’EPC de Kouto, don d’un cadre, non encore livrée

Des collectivités engagées dans l’amélioration des conditions scolaires

À Kouto, l’amélioration des infrastructures scolaires ne repose pas uniquement sur les établissements. Les collectivités locales sont également engagées dans cette dynamique.

Le chef du service financier de la mairie de Kouto, Kossonou Atta David, explique que l’éducation constitue un axe important du programme du maire Domia Koné. L’objectif affiché est d’offrir aux enfants de la commune des conditions d’apprentissage adéquates.

Dans cette perspective, la municipalité intervient notamment dans la réalisation de clôtures, de cantines et de toilettes.

Au cours du précédent programme triennal, des clôtures ont été réalisées à l’EPP Municipale, à Kamonon et à l’école mixte. En 2026, la clôture de l’EPP Timboroni a été réalisée pour un coût global de 53 millions de FCFA. Trois blocs de toilettes ont également été construits à l’EPP Municipale, à Kamonon et à Tobingué, pour un montant de 23 millions de FCFA.

Pour cette rentrée scolaire 2026-2027, une nouvelle école maternelle ouvre également ses portes au sein de l’EPP Kamonon, dans le cadre d’un investissement estimé à 33 millions de FCFA.

Selon Kossonou Atta David, le prochain programme triennal de la mairie devrait permettre la création de cantines dans d’autres établissements scolaires relevant de la compétence du conseil municipal.

Des infrastructures scolaires qui contribuent à améliorer le cadre d’apprentissage

Les efforts engagés à Kouto s’inscrivent dans une dynamique plus large à l’échelle de la région de la Bagoué.

Dans le cadre de son programme triennal 2023-2025, le conseil régional de la Bagoué a réalisé des latrines et des cantines dans plusieurs établissements scolaires. La liste communiquée par la collectivité fait état de 24 établissements bénéficiaires.

Ces investissements de la mairie et du conseil régional participent progressivement au renforcement des capacités d’accueil des établissements. Pour les élèves, ils contribuent à créer un environnement physique plus sécurisé et mieux structuré pour l’apprentissage.

L’absence d’infirmerie, une insuffisance persistante

Mais lorsqu’il s’agit de santé scolaire, le constat reste beaucoup plus préoccupant.

Dans la circonscription de l’IEPP de Kouto, les 45 établissements préscolaires et primaires recensés ne disposent d’aucune infirmerie.

Le directeur départemental de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle de Kouto, Dr Koné Sékou, confirme cette absence d’un véritable service de santé scolaire disposant d’un local approprié pour accueillir les élèves.

Le personnel de santé existe et certaines interventions, notamment les visites médicales, sont assurées. Mais l’absence de locaux adaptés empêche la mise en place d’un suivi permanent des élèves.

Face à cette situation, les services de santé ont engagé un plaidoyer auprès du Conseil régional de la Bagoué, qui s’est montré favorable à l’examen d’une solution.

Des démarches ont également été entreprises auprès des autorités locales et des directions d’établissements à Kolia, Gbon et au lycée moderne de Kouto. Pour l’heure, ces initiatives n’ont pas encore abouti.

Le département reste ainsi tributaire du service de santé scolaire de Boundiali, une situation rendue plus difficile par l’état des routes et les déplacements qu’elle impose.

À l’échelle de la région, les chiffres disponibles permettent de mesurer l’ampleur du défi. Selon les données de la Direction régionale de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (DRENAET) de Boundiali pour l’année scolaire 2025-2026, la région comptait 417 établissements scolaires, dont 55 préscolaires, 284 primaires, 41 secondaires publics et 37 secondaires privés, pour un total de 117 459 élèves.

Pour l’ensemble de ces établissements, seuls cinq disposaient d’une infirmerie. La région comptait parallèlement 159 écoles primaires dotées d’une cantine. Au secondaire, 67 établissements disposaient de points d’eau et 70 de toilettes destinées aux enseignants et aux élèves.

Ces données mettent ainsi en évidence un contraste : alors que les efforts en matière d’accès à l’eau et de restauration scolaire progressent, la prise en charge sanitaire de proximité demeure encore largement insuffisante.

Les toilettes du collège privé Yatawa de Kouto

Des acquis à consolider pour de meilleures conditions sanitaires scolaires

À Kouto, la rentrée scolaire 2026-2027 permet de mesurer les progrès accomplis, mais aussi le chemin qui reste à parcourir.

Dans les établissements visités, les points d’eau, les cantines, les toilettes et les investissements des collectivités apportent des réponses concrètes aux besoins quotidiens des élèves. Pour certains apprenants, ces équipements facilitent l’accès à l’eau, à l’alimentation et à de meilleures conditions d’hygiène.

Mais sur le terrain, plusieurs fragilités demeurent. Les toilettes doivent être régulièrement entretenues, les dispositifs de lavage des mains dégradés doivent être remplacés et certaines clôtures nécessitent d’être réhabilitées ou renforcées.

Surtout, l’absence d’infirmeries scolaires demeure l’un des principaux défis à relever.

À Kouto, les acquis sont donc réels. Leur consolidation passera désormais par la maintenance des infrastructures existantes et par la réalisation des équipements qui font encore défaut, afin de garantir aux élèves un environnement scolaire à la fois sain, sécurisé et propice aux apprentissages.

Reportage réalisé par le correspondant de presse Doua Alexandre

(AIP)

daa/zaar

 

Share.

Comments are closed.

Exit mobile version