Bondoukou, 10 fév 2026 (AIP) – La sous-préfecture de Sorobango a officiellement rouvert ses portes, lundi 9 février 2026, après les violences post-électorales qui avaient perturbé la vie administrative et sociale de la localité.
La cérémonie a été présidée par le préfet de la région du Gontougo et préfet du département de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André, en présence du sous-préfet de Sorobango, Mme Dago Ouhalé Geneviève, du conseiller régional Ouattara Mohamed, de la directrice régionale de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture sanitaire universelle du Gontougo, Dr Akaffou Anney Julienne, ainsi que des autorités administratives, coutumières, religieuses et des populations des sous-préfectures de Sorobango et Tagadi.
La reprise officielle des services administratifs a été marquée par un geste symbolique fort : Mme Dago Ouhalé Geneviève a été revêtue de l’habit traditionnel Adja Isè Yèrè, conformément au rituel coutumier. Ce symbole a illustré à la fois le retour de l’autorité de l’État et le respect des traditions locales, suscitant des applaudissements nourris de la population, qui a qualifié l’événement de « moment historique ».
Pour rappel, des actes de vandalisme avaient perpétrés, dimanche 28 décembre 2025, contre la sous-préfecture de Sorobango et la résidence du sous-préfet, Dago Ouhale Geneviève, à la suite de la contestation des résultats des élections législatives par des partisans de candidats.
Des individus ont exprimé leurs mécontentements après les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI), lesquels ont donné vainqueur le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Kouassi Koffi Kra Paulin
Dans son allocution, le préfet Kouadio Gbongbo André a condamné fermement les circonstances ayant conduit à la fermeture temporaire de la sous-préfecture et insisté sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État.
« S’attaquer aux locaux de la sous-préfecture, à la résidence du sous-préfet ou à la brigade de gendarmerie, c’est s’attaquer à l’État lui-même. Aucun acte ne peut justifier de tels débordements », a-t-il déploré, avant de saluer le rôle exemplaire de Mme le sous-préfet dans l’exercice de ses fonctions.
« Elle s’est investie sans compter pour assurer le fonctionnement de l’administration et pour que celle-ci reste accueillante. Son retour symbolisé en habit traditionnel envoie un message fort : la paix et la tradition reprennent pleinement leur place dans notre sous-préfecture », a-t-il ajouté.
Le préfet a également souligné l’importance de l’implication des chefs traditionnels et des guides religieux. « Vous êtes les garants de la paix et de l’ordre dans vos villages. Votre engagement a été déterminant pour permettre le retour du sous-préfet et la réouverture de l’administration. Il est essentiel que les jeunes comprennent que s’en prendre aux fonctionnaires, c’est s’en prendre à l’administration et à l’État », a-t-il dit.
Pour sa part, le député de la circonscription Sorobango‑Tagadi, Kra Paulin, a condamné les violences et appelé à l’apaisement général.
« Depuis trente ans que nous faisons de la politique ici, nous avons connu des débats passionnés, mais jamais la violence n’avait franchi le seuil physique. La contestation électorale est un droit, mais la destruction est un crime. Rien ne justifie que l’on s’en prenne aux symboles de notre République », a-t-il déploré. Il a par ailleurs sollicité que la justice, tout en restant ferme, prenne en compte la nécessité de réconciliation pour panser les blessures de la communauté.

Ému, le président des jeunes de Sorobango, Yaya Ouattara, a présenté des excuses publiques au nom de la jeunesse locale. « Nous reconnaissons avec honte que certains jeunes ont failli. Nous demandons pardon à Madame le Sous-préfet et à tous ceux qui ont été touchés par ces actes. Que ce jour marque la fin de la violence et le début d’une dynamique de réconciliation », a-t-il déclaré,
Il a insisté sur la responsabilité collective dans le respect de l’administration, des autorités coutumières et de l’État afin d’assurer le développement et la cohésion sociale.
La réouverture de la sous-préfecture marque un retour à l’ordre public à Sorobango, rendu possible grâce à l’alliance entre l’administration, la chefferie traditionnelle et la jeunesse. En signe de reconnaissance, les populations ont honoré Mme Dago Ouhalé Geneviève en l’habillant officiellement du habit traditionnel Adja Isè Yèrè, symbole de respect et d’autorité coutumière.
(AIP)
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