samedi, septembre 26

Abidjan, 24 sept 2026 (AIP)- Des responsables africains, des institutions internationales et des partenaires techniques et financiers ont appelé, mardi 22 septembre 2026 à Rome, à renforcer les financements et la coordination des actions en vue d’accélérer l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR) en Afrique, selon une note reçue par l’AIP ce mercredi 23 septembre 2026.

Ce dialogue de haut niveau, organisé en marge de la Conférence mondiale de la FAO sur l’approche « Une seule santé », était placé sous le thème « De l’engagement politique à l’éradication financée : accélérer la mise en œuvre continentale pour une Afrique sans PPR ».

Les échanges ont principalement porté sur la transformation des engagements politiques en ressources et en interventions concrètes sur le terrain.

Maladie virale très contagieuse touchant principalement les moutons et les chèvres, la PPR concerne plus de 70 pays et affecte un cheptel estimé à près de 1,7 milliard de petits ruminants, soit environ 80 % de la population mondiale de moutons et de chèvres.

Bien qu’elle ne soit pas transmissible à l’être humain, la maladie affecte les revenus des éleveurs, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’emploi rural ainsi que les échanges de bétail.

La directrice du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (AU-IBAR), Dr Huyam Salih, a présenté la dimension continentale de la lutte contre la maladie, menée avec la FAO, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA/WOAH) et le Centre panafricain des vaccins vétérinaires de l’Union africaine (AU-PANVAC).

Les interventions portent notamment sur l’amélioration de la couverture vaccinale, le renforcement de la surveillance épidémiologique et des capacités de diagnostic, ainsi que le partage des données entre pays. Dans les zones frontalières, les participants préconisent également la synchronisation des campagnes de vaccination et la mise en place de zones tampons.

La question du financement a occupé une place importante dans les échanges. Le représentant de l’Union européenne, l’ambassadeur Martin Selmayr, a notamment pris part aux discussions consacrées à la mobilisation des ressources et aux partenariats.

Une première phase du soutien européen au programme panafricain d’éradication de la PPR, lancée en février 2025, a permis de mobiliser huit millions d’euros. Pour une deuxième phase, les préparatifs portent sur une subvention de 50 millions d’euros et 40 millions d’euros de financement mixte.

Ces ressources doivent notamment contribuer au renforcement des services vétérinaires, de la surveillance et du diagnostic, de la vaccination et de la coordination régionale.

La Tanzanie, représentée par son Premier ministre, Mwigulu Lameck Nchemba, ainsi que le Tchad et le Cameroun, représentés respectivement par leurs ministres chargés de l’élevage, Abderahim Awat Atteib et Taïga, ont également plaidé pour le renforcement des investissements consacrés à la lutte contre la maladie.

Plus de 337 millions de petits ruminants ont déjà été vaccinés dans le cadre des programmes soutenus en Afrique. Les participants souhaitent désormais consolider ces acquis à travers des plans d’investissement nationaux, l’intégration de l’éradication de la PPR dans les programmes de développement de l’élevage et le recours à des mécanismes de financement innovants.

La Côte d’Ivoire a pris part aux échanges à travers Yapo Guillaume Dagou, représentant permanent adjoint du pays auprès de la FAO, du FIDA et du PAM à Rome. Sa participation s’inscrit dans les discussions relatives au renforcement des systèmes de santé animale, à la prévention des maladies transfrontalières et à la sécurité alimentaire.

La FAO, représentée notamment par Dr Thanawat Tiensin, Dr Godfrey Magwenzi et Dr Felix Njeumi, coordonnateur du Programme mondial d’éradication de la PPR, ainsi que la Banque mondiale et l’OMSA, ont également contribué aux échanges.

Les participants ont souligné que les investissements dans la lutte contre la PPR peuvent également renforcer les capacités de prévention et de réponse face à d’autres maladies animales transfrontalières.

Cette mobilisation s’inscrit dans l’objectif mondial d’éradication de la PPR à l’horizon 2040. Le défi consiste désormais à assurer des financements durables et à transformer les engagements en campagnes de vaccination, en dispositifs de surveillance et en interventions suffisamment étendues pour protéger les moyens de subsistance des éleveurs africains.

(AIP)

kkt/ks/zaar

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