Daloa, 14 sept 2026 (AIP) – Le préfet de la région du Haut-Sassandra, Yacouba Doumbia, a appelé vendredi 11 septembre 2026 la population à se mobiliser contre l’orpaillage illégal, dénonçant les conséquences environnementales de cette activité et appelant particulièrement les jeunes à privilégier l’école et le travail plutôt que la recherche d’un « gain facile ».
« Je voudrais demander aux jeunes gens d’ici (…) que le gain facile n’existe pas. Travaillez, vous avez des voies à suivre. Allez à l’école. Obtenez vos diplômes et vous reviendrez de la meilleure des manières », a déclaré M. Doumbia, en marge d’une cérémonie de remise d’attestations à quelque 500 jeunes élèves, étudiants et apprenants ayant effectué un stage d’immersion en entreprise.
Même si le département de Daloa est épargné par le phénomène, la région du Haut-Sassandra est concernée, a souligné le préfet. Il a particulièrement insisté sur les atteintes à l’environnement attribuées à cette activité, évoquant des cours d’eau « souillés » devenus impropres à la consommation et à la pêche, ainsi que la dégradation des sols et la disparition des forêts.
« Aujourd’hui, l’Etat a décidé de combattre de front l’orpaillage illégal. Et d’ici l’année 2027, nous sommes convaincus qu’on ne parlera plus d’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire », a affirmé M. Doumbia. Il a appelé l’ensemble de la population à participer à cette lutte.
« Combattons tous ensemble ce fléau qui détruit notre pays. (…) Nous devons tout faire pour maîtriser la situation et sauver la Côte d’Ivoire », a-t-il lancé, expliquant que la protection de l’environnement constitue un enjeu pour les générations futures.
Cet appel intervient après un séminaire national consacré au renforcement de la lutte contre l’orpaillage illégal, organisé les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro sous l’égide du Conseil national de sécurité (CNS), en collaboration avec les ministères de l’Intérieur et de la Sécurité et des Mines, du Pétrole et de l’Energie.
A l’issue de la rencontre, l’Etat a réaffirmé sa politique de « tolérance zéro » contre l’orpaillage illégal et annoncé un renforcement de la coordination des actions de prévention, de contrôle et de répression.
Le corps préfectoral est appelé à occuper une place centrale dans ce dispositif, en assurant la coordination et le suivi des actions et interventions dans leurs circonscriptions respectives.
Entre juillet 2021 et juillet 2026, plus de 1 000 sites colonisés ou recolonisés ont été déguerpis lors de près de 8 500 opérations menées par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI) et la Brigade de répression des infractions au Code minier (BRICM), selon un bilan présenté lors du séminaire.
Ces opérations ont abouti au déferrement de 4 474 personnes et à la saisie d’environ 136 kilogrammes d’or, de plus de 960 millions de francs CFA, de 236 pelleteuses et de nombreux autres équipements.
(AFP)
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