mercredi, août 26

Ferkessédougou, 26 août 2026 (AIP) Le corps préfectoral et les forces de défense et de sécurité (FDS) intensifient, depuis plusieurs mois, la lutte contre l’orpaillage illégal dans les trois départements de la région du Tchologo, à travers des actions de sensibilisation, de contrôle et de démantèlement des sites clandestins.

Cette lutte s’appuie notamment sur les actions de proximité menées par les sous-préfets auprès des populations riveraines des sites d’orpaillage. Dans les sous-préfectures de Togoniéré, Koumbala et Diawala, des campagnes de sensibilisation sont régulièrement organisées à l’intention des chefs de villages et des leaders communautaires sur les conséquences de cette activité sur l’environnement, la santé et la sécurité.

Ces actions font suite à une tournée effectuée en 2024 par le préfet de région du Tchologo, Jean-Pierre Sory, au cours de laquelle les chefs coutumiers avaient été sensibilisés à la gestion de leurs localités et à la lutte contre l’orpaillage clandestin.

« Des gens tentent de s’installer dans certains de nos villages, mais ils n’y parviennent pas car le sous-préfet nous a formés à la gestion de nos villages et nous a sensibilisés contre l’orpaillage illégal », a témoigné Soro A., chef d’un village de la sous-préfecture de Ferkessédougou, qui assure qu’aucun site clandestin n’est actuellement recensé dans sa localité.

Dans le département de Ferkessédougou, les sites répertoriés se concentrent notamment à Kalakala et Gbamga, dans le canton Palaka.

La situation demeure plus préoccupante dans le département de Kong, où la direction des Mines et de la Géologie du Tchologo recense officiellement huit sites dans les sous-préfectures de Nafana, Sikolo et Billimono. Des populations signalent toutefois l’existence présumée d’autres sites clandestins dans le parc national de la Comoé.

Dans le département de Ouangolodougou, environ huit sites sont recensés à Diawala, Niellé et dans les environs de Laleraba, à la frontière ivoiro-burkinabè. Certains orpailleurs y seraient lourdement armés, selon des témoignages recueillis auprès des populations.

Plusieurs centaines de personnes vivent et travaillent sur ces sites, favorisant, selon les autorités et les populations, la prolifération de la drogue et des maladies, ainsi que la dégradation des terres agricoles et de l’environnement. Des orpailleurs rencontrés par l’AIP estiment entre 300 000 et 800 000 FCFA par jour les dépenses d’entretien d’un site, selon sa superficie, le nombre de travailleurs et le matériel utilisé.

En 2026, les brigades, la compagnie et les escadrons de gendarmerie nationale des trois départements ont multiplié les opérations de démantèlement. Plusieurs interventions ont notamment été menées à Gbamga, Kalakala, Sikolo et Diawala, ainsi que dans des localités frontalières du Burkina Faso. Elles ont permis de détruire des concasseurs, motopompes, motos, groupes électrogènes et habitations de fortune.

Malgré la réinstallation de certains orpailleurs sur les sites détruits, les FDS poursuivent des opérations inopinées, y compris nocturnes, pour empêcher leur réoccupation.

Le directeur régional des Eaux et Forêts du Tchologo, le colonel Seydou Domba, a réaffirmé la détermination de ses services à éradiquer le phénomène et annoncé un projet de restauration et de reboisement des sites déguerpis.

De près d’une cinquantaine de sites recensés dans la région il y a cinq ans, le Tchologo en compte désormais près d’une vingtaine, selon les données communiquées à l’AIP, une tendance à la baisse attribuée aux actions conjuguées du corps préfectoral et des FDS.

(AIP)

ki/cmas

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version