M’Bengué, 29 mai 2025 (AIP) –La direction départementale du ministère de la Promotion de la Jeunesse de M’Bengué a initié vendredi 23 mai 2025, . Un atelier visant à identifier les causes du mariage précoce au sein de la communauté sénoufo et à proposer des pistes de solution.
La rencontre, qui a réuni autorités administratives, leaders communautaires, chefs traditionnels et acteurs de la société civile, a permis de mettre en lumière les tensions entre pratiques coutumières et législation sur les droits de l’enfant.
Présidant l’atelier, Véhi Loua Émile, a salué la mobilisation des participants, y voyant une volonté collective de faire reculer un phénomène du mariage précoce, jugé persistant. « Cette mobilisation traduit l’intérêt porté à la protection des filles », a-t-il déclaré.
Représentant la chefferie traditionnelle, Yassoungon Coulibaly, porte-parole des chefs, a défendu certaines pratiques culturelles en expliquant que, selon la tradition sénoufo, le mariage protège les jeunes filles contre les « mésaventures » et les comportements déviants. Il a toutefois reconnu que des entorses à la loi sont fréquentes, notamment avec le mariage de mineures scolarisées.
Des témoignages d’enseignants et de responsables éducatifs ont mis en évidence les conséquences concrètes de ces pratiques. Ils ont évoqué le cas d’une élève retirée de l’école pour être mariée en compensation d’une dette familiale.
Le directeur de l’Institution de formation et d’éducation féminine (IFEF) de M’Bengué, Kouamé Kouamé Georges, a déploré le manque de suivi des parents tout au long de l’année scolaire.
Âgée de 18 ans, Djabaté Kadi, apprentie couturière à l’IFEF, a pointé du doigt l’absence de dialogue mère-fille sur la sexualité et les conséquences de cette négligence. « C’est souvent ce silence qui pousse les filles vers de mauvaises fréquentations », a-t-elle affirmé.
À l’issue des échanges, le représentant du directeur départemental de la jeunesse, Kinimo Serges, s’est dit optimiste quant à l’impact des discussions. Selon lui, les résolutions issues de l’atelier pourraient appuyer les démarches futures pour enrayer le phénomène.
Un précédent cas avait attiré l’attention dans la localité de Katiali où, selon les organisateurs, 32 jeunes filles avaient été mariées, tandis qu’une 33e, encore scolarisée, avait fui pour poursuivre ses études. Le dossier avait été saisi par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant.
(AIP)
cb/haa
