jeudi, septembre 17

Bouaflé, 17 sept 2026 (AIP)- Le préfet de la région de la Marahoué et préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, a instruit, mercredi 16 septembre 2026 à Angovia, les chefs de villages abritant des sites d’orpaillage illégal de procéder à leur fermeture avant la fin du mois.

Cette instruction a été donnée à l’occasion d’une mission de sensibilisation du comité départemental de lutte contre l’orpaillage illégal (CDLOI), conduite par le préfet dans le cadre du renforcement de la lutte contre cette activité illégale.

Selon M. Gonbagui, l’orpaillage illégal « a atteint un niveau de gravité intolérable », au regard de ses conséquences sur l’environnement et les populations. « Les sols sont défigurés par des excavations, et nos cours d’eau ainsi que nos lacs sont gravement pollués », a-t-il déploré.

Il a rappelé que les préfets ont reçu, lors d’une réunion à Yamoussoukro, la mission de mettre définitivement un terme à l’orpaillage illégal dans un délai de six mois. « Il nous reste aujourd’hui cinq mois et demi pour exécuter ces ordres », a-t-il indiqué.

Le préfet a indiqué que tous les villages abritant des sites d’orpaillage illégal avaient été identifiés et que les chefs de village étaient chargés de faire fermer ces sites avant la fin du mois. En cas de résistance d’un propriétaire terrien ou de toute autre personne, le chef de village devra immédiatement en informer les autorités afin que celles-ci puissent intervenir.

A défaut de signalement et si des activités illégales persistent dans le village à l’issue du délai fixé, le chef concerné s’expose au retrait de son arrêté de nomination, a averti le préfet. Il a également rappelé que la loi d’orientation fait du village la cellule de base de l’administration ivoirienne et confère aux responsables locaux un rôle dans l’application des décisions de l’Etat.

Les présidents des organisations de jeunesse et de femmes ont également été invités à collaborer à cette opération. Le préfet a prévenu que leur complicité ou leur passivité avérée pourrait entraîner leur suspension.

En revanche, les responsables locaux qui signaleraient les contrevenants et transmettraient les rapports aux autorités en cas de refus d’obtempérer verraient leur responsabilité dégagée, l’Etat prenant alors le relais.

Pour réduire l’approvisionnement des sites illégaux, le préfet a annoncé l’interdiction de la vente d’essence en bidons. Toute demande d’approvisionnement en détail devra désormais faire l’objet d’une autorisation préalable de la préfecture. Le transport et la distribution au détail de bouteilles de gaz butane par des tricycles à destination des sites d’orpaillage sont également interdits.

Pour les besoins légitimes des villages, les demandes devront être introduites par le chef de village auprès du sous-préfet.

Le préfet a par ailleurs appelé à une « transparence totale » dans la dénonciation des éventuels cas de corruption ou de complicité impliquant des agents de l’administration ou des forces de sécurité.

Il a rappelé la gravité pénale de l’orpaillage illégal, désormais qualifié de crime, et averti les différents acteurs des lourdes sanctions encourues. Il a notamment souligné que les personnes reconnues coupables de cette activité s’exposent à une peine minimale de 10 ans d’emprisonnement, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Le vice-président du conseil régional de la Marahoué, Sacko Lassina, a, pour sa part, appelé les populations à mesurer les conséquences économiques et sociales de la cession de leurs terres aux exploitants illégaux. « La valeur de l’or piège tout le monde », a-t-il reconnu, avant d’interroger les populations sur les bénéfices réels qu’elles tirent de cette activité.

Selon lui, les sommes versées aux propriétaires terriens en échange de l’exploitation de leurs parcelles restent dérisoires au regard des revenus tirés de l’or extrait.

M. Sacko a relevé que la dégradation des terres prive ensuite les familles de leurs capacités de production agricole, notamment pour le riz, l’arachide, le cacao et la banane. Il a également insisté sur les conséquences environnementales à long terme de l’utilisation du mercure et du cyanure, estimant que les exploitants illégaux pourraient avoir quitté les lieux lorsque les conséquences sanitaires et environnementales deviendront plus visibles.

Professionnel du secteur minier, il a invité les acteurs de l’orpaillage illégal désireux de sortir de cette activité à se rapprocher du conseil régional, afin d’examiner avec eux les possibilités de régularisation et de les accompagner dans leur organisation en coopératives.

Pour lui, la préservation des terres doit primer sur les gains immédiats tirés de l’orpaillage illégal, l’or étant appelé à s’épuiser tandis que les terres agricoles peuvent continuer à nourrir les générations futures si elles sont protégées.

(AIP)

ns/zaar

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