vendredi, août 28

Abidjan, 28 août 2026 (AIP)- Le Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI) a salué, vendredi 28 août 2026 à Abidjan, la fermeté de l’État dans la lutte contre l’orpaillage clandestin, tout en appelant à accélérer la formalisation et la professionnalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

«Le GRAMCI est contre l’orpaillage clandestin», a réaffirmé son porte-parole, Manlan Eugène, lors d’une déclaration consacrée à la situation de l’orpaillage en Côte d’Ivoire, soulignant que les activités exercées en dehors du cadre légal constituent une menace pour l’environnement, les terres agricoles, les ressources en eau, la sécurité des populations et les intérêts économiques du pays.

Il a salué le renforcement des moyens de lutte contre ce phénomène, notamment la création, en 2021, du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), ainsi que le déploiement de drones de surveillance au profit des directions régionales et départementales du ministère des Mines et de la Géologie.

Toutefois, le GRAMCI estime que la répression doit s’accompagner d’une politique plus volontariste de formalisation des acteurs de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

« Il ne s’agit pas de condamner l’activité d’orpaillage dans son ensemble, mais de faire une distinction claire entre l’orpaillage clandestin et l’orpaillage légal », a expliqué M. Manlan, estimant que le passage de l’informel au formel constitue une opportunité de transformation économique du secteur.

Selon lui, l’exploitation légale permet notamment d’identifier les opérateurs, d’assurer la traçabilité de la production, de sécuriser les revenus des populations, d’améliorer les conditions de travail et de renforcer la contribution du secteur aux recettes de l’État et au développement des communautés.

Le GRAMCI encourage ainsi la constitution de coopératives et la formation des exploitants afin de faciliter l’accès aux autorisations, au financement et aux techniques d’exploitation, tout en améliorant la sécurité des travailleurs, la protection de l’environnement et la commercialisation de l’or.

L’organisation relève que plus de 800 autorisations d’exploitation artisanale et semi-industrielle ont été délivrées au cours des trois dernières années, soit davantage que durant toute la décennie précédente soulignant que le GRAMCI souhaite une politique reposant sur deux piliers complémentaires ‘’une répression ferme, ciblée et continue de l’orpaillage clandestin et des réseaux qui le financent » et « une accélération de la formalisation de l’orpaillage légal et responsable ».

L’organisation estime que cette approche permettrait d’éviter la création d’un vide économique après le démantèlement des sites clandestins.

« La Côte d’Ivoire doit poursuivre son combat contre l’illégalité tout en donnant davantage de place à ceux qui choisissent la légalité », a déclaré Manlan Eugène, réaffirmant la disponibilité du GRAMCI à accompagner le gouvernement dans la formalisation, la professionnalisation et la responsabilisation de la petite mine ivoirienne.

Selon les chiffres présentés lors de la réunion du Conseil national de sécurité (CNS) du 23 juillet 2026, les opérations de lutte contre l’orpaillage illégal menées entre 2021 et le premier semestre 2026 ont permis le déguerpissement de plus de 8 500 sites clandestins, le déferrement de 4 474 individus ainsi que la saisie de plus de 960 millions de francs CFA et d’environ 136 kilogrammes d’or.

(AIP)

bsp/cmas

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