Kouto, 25 août 2026 (AIP) – Le préfet du département de Kouto, Gnamou Angoran Pierre, a appelé les autorités administratives, coutumières et communautaires à unir leurs forces pour intensifier la lutte contre l’orpaillage illégal, lundi 24 août 2026, lors d’une réunion tenue au centre culturel.
Cette rencontre a réuni les cinq sous-préfets du département, les élus, les directeurs et chefs de service, les forces de défense et de sécurité, les chefs coutumiers ainsi que les leaders communautaires, autour de la nécessité de renforcer la lutte contre les activités d’orpaillage clandestin qui gagnent plusieurs localités.
Selon les données présentées au cours de la rencontre, des sites clandestins sont disséminés dans l’ensemble des sous-préfectures du département, à l’exception de celle de Sianhala. Onze localités sur les 47 que compte le département sont actuellement impactées par cette activité.
Le préfet a déploré la complicité de certaines populations, notamment à travers la mise à disposition des terres, estimant que cette situation constitue un obstacle majeur à l’éradication du phénomène. « Si nous unissons nos forces, dans un délai raisonnable, on n’en entendra plus parler », a-t-il déclaré, invitant les chefs traditionnels à s’impliquer davantage dans la lutte.
« Les chefs, aidez-nous, pensez à l’avenir de notre département. Nous nous tenons à vos côtés pour éradiquer ce fléau », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de parvenir à une situation où « dans notre département, on n’en parle plus ».
Il a également appelé les autorités administratives à faire preuve de vigilance et à ne pas s’impliquer dans les activités clandestines, estimant que « quand c’est illégal, l’autorité ne doit pas être partie prenante ».
Le maire de Kouto, Domia Koné, a pour sa part estimé que la lutte devrait s’attaquer aux causes profondes du phénomène. « La source du problème, ce sont nos parents qui cèdent les terres. Il faut attaquer le mal par les racines : les propriétaires terriens », a-t-il préconisé.
Les participants ont identifié plusieurs conséquences liées à l’orpaillage illégal, notamment sur l’environnement, la santé des populations, la sécurité et l’économie locale.
Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées, dont la facilitation de l’obtention des permis d’exploitation, la sensibilisation des propriétaires terriens, le traçage des acheteurs illégaux d’or, l’intensification de la sensibilisation des différents acteurs et la création de comités de veille dans les communautés.
Au plan national, les opérations de lutte contre l’orpaillage illégal ont permis la destruction de plus de 8 500 sites clandestins, l’interpellation de 4 474 personnes, dont 65 % de ressortissants étrangers, ainsi que la saisie de plus de 960 millions FCFA et la récupération d’environ 136 kg d’or.
(AIP)
daa/cmas

