lundi, septembre 14

Kounahiri, 25 août 2026 (AIP) – Les populations de Kounahiri ont été sensibilisées, lundi 24 août 2026, sur les dangers liés à l’orpaillage clandestin et les moyens de lutter contre ce phénomène, lors d’une rencontre animée par le directeur départemental des Mines, du Pétrole et de l’Énergie de Mankono, Abdoul Karime Awassa, au foyer polyvalent des jeunes.

Cette activité s’inscrit dans le cadre de la campagne de lutte contre l’orpaillage illégal initiée par le Conseil national de sécurité (CNS). Elle visait notamment à dresser l’état des lieux du phénomène dans le département, à en identifier les causes et les conséquences et à dégager des pistes de solutions.

Quatre sites d’orpaillage clandestin sont actuellement recensés dans le département de Kounahiri, notamment à Brounou, Bambalouma, Gueasso et Toubalo, dans les sous-préfectures de Kounahiri et de Kongasso. Leur nombre est passé de six en 2023 à quatre en 2024, niveau maintenu en 2026.

« Nonobstant les actions menées, cette pratique ne cesse de persister », a relevé M. Awassa, attribuant cette situation notamment au potentiel aurifère, à la hausse du prix de l’or, à la baisse des revenus agricoles, à la pauvreté et à la recherche de gains rapides.

Il a également évoqué les difficultés liées à la recolonisation des sites déguerpis, à la mobilité des orpailleurs, à l’accès difficile à certaines zones et à l’absence de couloirs miniers dans la région du Béré.

Le directeur départemental a alerté sur les conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sécuritaires de cette activité, notamment la pollution des eaux, la destruction des terres cultivables et du couvert végétal, ainsi que les risques liés à l’utilisation de produits chimiques tels que le mercure et le cyanure.

Face à la persistance du phénomène, il a appelé les chefs coutumiers à préserver leurs terres, les jeunes à privilégier les activités agricoles et les exploitants à s’orienter vers les procédures légales. Il a également préconisé la création de zones dédiées à l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE), le financement des jeunes agriculteurs et le renforcement de la répression contre les réseaux clandestins.

Les populations ont, pour leur part, proposé de récompenser les villages qui refusent de céder leurs terres aux orpailleurs clandestins, d’identifier les propriétaires terriens, de sanctionner les responsables autorisant la cession des terres et de revaloriser les prix des produits agricoles pour renforcer l’attractivité de l’agriculture.

Le préfet de Kounahiri, Baffrou Kamano François, a exhorté les chefs coutumiers et les populations à relayer les messages de sensibilisation et à s’impliquer davantage dans la lutte contre l’orpaillage clandestin.

(AIP)

ak/cmas

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