Ferkessédougou, 19 sept 2026 (AIP) – L’absence de raccordement aux réseaux d’eau et d’électricité affecte, depuis sa construction en 2021, le fonctionnement du collège moderne 2 de Ferkessédougou, où plusieurs équipements pédagogiques et sanitaires restent inutilisés ou se dégradent, a constaté l’AIP vendredi 18 septembre 2026.
Situé au quartier Douanes, en pleine ville, l’établissement n’est toujours pas raccordé aux réseaux publics d’eau et d’électricité, malgré les installations techniques prévues à cet effet.
Pour assurer un fonctionnement minimal de l’administration, l’établissement dispose d’un petit compteur d’électricité à carte, dont la recharge hebdomadaire permet notamment d’alimenter deux ou trois ordinateurs.
« Nous sommes obligés de le recharger chaque semaine pour travailler », a expliqué le principal du collège, Camara Thomas, qui a pris fonction en septembre 2026.
L’absence d’électricité empêche également l’utilisation de la dizaine de climatiseurs installés dans les différents bâtiments. Ces équipements, restés à l’arrêt depuis leur installation, commencent à se détériorer, selon le responsable de l’établissement.
La salle informatique, équipée d’une vingtaine d’ordinateurs, ainsi que les laboratoires d’études, dotés de matériel pédagogique, n’ont pas non plus pu être exploités normalement depuis l’ouverture du collège, laissant ces équipements exposés à la dégradation.
La situation affecte aussi les conditions sanitaires. Les 18 cabines de toilettes destinées aux élèves sont dépourvues d’eau et restent, de ce fait, inutilisables.
« Nous sommes obligées de faire nos besoins dans la broussaille qui s’est formée dans la cour de l’école, avec tous les dangers que nous pouvons y trouver », ont témoigné Yeo M., Adjaratou S. et Coulibaly A., élèves en classes de 5e et de 4e.
D’une superficie de 10 hectares, le collège comprend six bâtiments comptant chacun au moins quatre salles de classe. Une importante végétation s’est développée dans la cour, en raison du manque d’entretien, favorisant, selon des parents d’élèves, la présence de reptiles et autres animaux nuisibles.
« Chaque année, nos enfants tuent des serpents et des scorpions dans les salles de classe. Cela est très dangereux pour eux », se sont inquiétés Coulibaly Adama et Silué Abdoulaye, deux parents d’élèves, qui sollicitent l’intervention du ministère de l’Éducation nationale et des collectivités locales.
La présidente du Comité de gestion de l’établissement scolaire (COGES), Yeo Souagninan, a fait état des difficultés rencontrées par la structure pour assurer l’entretien de l’établissement.
Selon elle, les parents d’élèves contribuaient auparavant à l’entretien de la cour et à la rémunération d’enseignants vacataires, mais ces contributions ont progressivement cessé. Elle a ajouté que plusieurs démarches avaient été entreprises auprès de structures régionales, sans résultat jusqu’à présent.
Outre les problèmes d’eau, d’électricité et d’entretien, l’AIP a constaté une forte concentration d’élèves dans certaines classes, la dégradation des parquets, des nuisances sonores et des problèmes d’insécurité.
Contactée par l’AIP, la Direction régionale de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation du Tchologo n’a pas souhaité se prononcer spécifiquement sur la situation du collège moderne 2 de Ferkessédougou. Elle a toutefois reconnu les difficultés rencontrées par l’établissement et indiqué qu’un rapport recensant les établissements de la région confrontés à des problèmes similaires est en cours d’élaboration pour être transmis à la hiérarchie.
(AIP)
Ki/kp
