mercredi, septembre 2

Niakara, 1er sept 2026 (AIP)- Des enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire de la circonscription de Niakara (Centre-nord, région du Hambol) appellent à une meilleure prise en compte de leurs conditions de vie et de travail dans les réformes éducatives, à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 14 septembre.

Dans un micro-trottoir réalisé mardi 1er septembre 2026 par l’Agence ivoirienne de presse (AIP) à Niakara, Tafiré, Tortiya et dans plusieurs localités sous-préfectorales, instituteurs, professeurs de collège et de lycée ont exprimé leurs attentes et leurs espoirs à quelques jours de la reprise des cours. Ils estimant que leur engagement constitue l’un des principaux leviers d’une éducation de qualité, jusque dans les hameaux les plus reculés du pays.

« Il est impérieux que les réformes entreprises contribuent à améliorer le bien-être salarial, mental et physique de l’enseignant au préscolaire, au primaire et au secondaire », a suggéré un enseignant bivalent exerçant dans un collège de proximité du département de Niakara, Alex Kouassi Yao, mettant notamment en avant la question du logement décent dans certaines localités.

Cette préoccupation apparaît particulièrement prégnante dans les villages qui accueillent des établissements scolaires, notamment les collèges de proximité. Si la politique de réduction des disparités dans l’accès à l’éducation a favorisé l’implantation d’établissements au plus près des populations rurales, la question de l’hébergement des personnels enseignants affectés dans ces zones semble, selon les témoignages recueillis, demeure insuffisamment prise en compte.

Des enseignants se retrouvent ainsi, dans certaines localités villageoises, confrontés à un déficit de logements décents, les exposant à des conditions de vie précaires et à une promiscuité susceptible d’affecter leur bien-être et, à terme, leur disponibilité professionnelle.

Pour les personnes interrogées, l’extension de l’offre éducative aux zones rurales devrait donc s’accompagner d’un effort parallèle en matière d’habitat des enseignants, afin que la réduction des disparités dans l’accès à l’école ne s’arrête pas à la construction des salles de classe, mais intègre également les conditions nécessaires à l’exercice convenable du métier.

Dans le système éducatif, le maillon le plus essentiel de la chaîne reste l’enseignant, estiment la majorité des instituteurs, professeurs de collège et de lycée interrogés. La qualité des apprentissages ne saurait, selon eux, être dissociée de l’engagement et du bien-être de ceux qui, chaque jour, assurent la transmission des savoirs et l’encadrement des apprenants.

« On ne peut bâtir une éducation de qualité sans tenir compte de ceux qui font vivre l’école au quotidien », a souligné un instituteur à la retraite à Niakara, appelant à une meilleure reconnaissance du mérite des personnels éducatifs.

Il a notamment déploré que les prix d’excellence et de mérite en milieu scolaire soient régulièrement attribués aux apprenants, sans que les enseignants qui contribuent à leurs performances soient suffisamment associés à cette dynamique de reconnaissance dans les villages et villes du département.

Dans les hameaux et villages éloignés des grands centres urbains, l’enseignant apparaît ainsi comme un véritable relais de l’État et un acteur majeur du développement humain. Souvent affecté loin des commodités des grandes villes, il demeure au contact quotidien des enfants et des communautés, transmettant non seulement des connaissances, mais également des valeurs civiques, sociales et citoyennes.

Pour l’ensemble des personnes interrogées, un enseignant mieux rémunéré, mieux considéré et mieux accompagné serait davantage en mesure de transmettre, d’éduquer et de préparer efficacement les générations futures.

« Le nouveau ministre de l’Éducation nationale devrait regarder de plus près cette question de prime », a souhaité une institutrice en fonction dans une Inspection de l’enseignement préscolaire et primaire (IEPP) de Tafiré, estimant qu’une meilleure prise en compte des efforts consentis par les personnels enseignants contribuerait à renforcer leur motivation.

À quelques jours de la rentrée scolaire, les enseignants de la circonscription de Niakara souhaitent ainsi que les réformes engagées dans le système éducatif ivoirien accordent une place accrue à leur bien-être, à leur reconnaissance professionnelle et à leurs conditions d’exercice, notamment en matière de logement dans les zones rurales, afin de consolider leur engagement au service d’une école performante, équitable et accessible à tous.

Pour ces acteurs de terrain, l’ambition d’une éducation de qualité dans les zones les plus reculées de la Côte d’Ivoire ne saurait pleinement se concrétiser sans des enseignants suffisamment valorisés, protégés et installés dans des conditions de vie compatibles avec les exigences de leur mission.
(AIP)
jbm/fmo

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