Abidjan, 23 juin 2026 (AIP)- Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a appelé à la création d’un fonds d’urgence destiné au relogement des populations déguerpies de Koumassi Campement, lors d’une rencontre avec les sinistrés tenue dimanche 21 juin 2026.
Selon une note d’information transmise mardi à l’AIP, au cours de cette visite de solidarité, Blé Goudé a exhorté les acteurs politiques à transcender leurs divergences afin de répondre à la détresse des familles affectées par les opérations de déguerpissement.
« Le plus important aujourd’hui, c’est que nous tous, responsables politiques, mettions nos différences de côté. Il faut d’abord reloger ces familles, mais les reloger dans la dignité. C’est pourquoi je demande à l’État de mettre en place, dans l’urgence, un fonds dédié à la dignité et au logement des victimes », a-t-il déclaré.
Pour Charles Blé Goudé, la situation vécue à Koumassi Campement relève avant tout d’une question humanitaire. Il a estimé que l’État a le devoir d’apporter assistance aux populations touchées, indépendamment de toute considération politique.
« Lorsqu’une catastrophe survient, l’Etat doit intervenir pour protéger ses citoyens. Une vie humaine n’appartient à aucun parti politique. Ce sont des familles, des enfants et des personnes vulnérables qui sont concernés », a-t-il souligné.
Le président du COJEP a également exprimé sa compassion aux victimes, évoquant les pertes matérielles et les traumatismes subis par de nombreuses familles. « Des familles ont été séparées, des souvenirs ont disparu et des projets de vie ont été anéantis. Je suis venu leur témoigner ma solidarité et partager leur douleur », a-t-il affirmé.
Au-delà de l’assistance aux sinistrés, Charles Blé Goudé a appelé à faire toute la lumière sur les circonstances ayant conduit à ces déguerpissements. Il s’est notamment interrogé sur l’origine des documents fonciers ayant servi de base aux opérations menées sur le site.
Selon lui, plusieurs zones d’ombre subsistent et méritent des éclaircissements de la part des autorités compétentes, notamment concernant l’authenticité des documents produits, les responsabilités engagées dans leur délivrance ainsi que les conditions dans lesquelles les opérations de destruction ont été exécutées. « Si ces documents sont faux, il est nécessaire de savoir qui les a établis, qui les a signés et sur quelle base les expulsions ont été menées », a-t-il insisté.
Charles Blé Goudé a enfin appelé à ce que les préoccupations des populations affectées soient entendues et prises en compte, estimant que la priorité demeure aujourd’hui la prise en charge et le relogement des familles sinistrées dans des conditions respectueuses de leur dignité.
(AIP)
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