Tanda, 15 sept 2026 (AIP)- Déscolarisée après le primaire, Badou Akoua Anicette, une quinquagénaire et mère de trois enfants, a construit depuis 2005 sa réussite professionnelle dans la fabrication traditionnelle de l’attiéké, un mets traditionnel de la cuisine ivoirienne obtenu par cuisson à la vapeur de pulpe de manioc fermentée.
Cette activité lui permet aujourd’hui de subvenir aux besoins de sa famille et d’employer d’autres femmes dans le quartier Dioulabougou de Tanda.
Rencontrée lundi 14 septembre 2026 par l’AIP, Mme Badou est revenue sur son parcours, marqué par une reconversion professionnelle après l’arrêt de sa scolarité.
Faute de pouvoir poursuivre ses études, elle décide d’apprendre un métier et porte son choix sur la fabrication de l’attiéké, une activité qu’elle exerce depuis près de deux décennies avec détermination et persévérance.
« Après mes études primaires, j’ai appris ce métier et je me suis fait un nom », a-t-elle confié, estimant que « dans la vie, il n’y a pas de sot métier, tout dépend du but que l’on veut réellement atteindre ».
Depuis la création de son unité traditionnelle de production en 2005, la productrice a progressivement acquis une certaine notoriété dans le département de Tanda. Une reconnaissance dont elle se réjouit après plusieurs années de travail.
« Aujourd’hui, vous ne pouvez pas demander après mon nom et vous perdre », s’est-elle réjouie, mettant en avant le fruit des années d’expérience consacrées à cette activité.
Au-delà de l’autonomie financière qu’elle lui procure, la fabrication de l’attiéké permet également à Badou Anicette de contribuer aux revenus de plusieurs ménages. Elle emploie actuellement trois à quatre personnes, selon les périodes de l’année, notamment pour les différentes étapes de la production.
« Par cette activité, je gagne et je peux dire également Dieu merci », a-t-elle déclaré avec satisfaction.
Forte de cette expérience, la productrice souhaite désormais franchir une nouvelle étape. Elle sollicite l’appui des autorités et des bonnes volontés pour la mise en place d’une petite unité industrielle de transformation, qui lui permettrait d’accroître sa capacité de production et de donner une nouvelle dimension à son activité.
Badou Akoua Anicette encourage par ailleurs les jeunes filles déscolarisées à ne pas considérer l’échec scolaire comme une fatalité, mais à apprendre un métier pouvant leur permettre de devenir autonomes financièrement.
« Je demande aux jeunes filles qui ont été déscolarisées de faire quelque chose. Il faut surtout croire en sa chance et ne jamais penser qu’un échec scolaire signifie la fin de la vie », conseille-t-elle.
À travers son parcours, cette quinquagénaire entend ainsi démontrer que l’arrêt de la scolarité ne constitue pas nécessairement une fin en soi et qu’avec le courage, la persévérance et la confiance en ses capacités, il est possible de bâtir une réussite professionnelle, de soutenir sa famille et de contribuer au développement de sa communauté.
(AIP)
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