Gagnoa, 24 sept 2026 (AIP)- Un quart des 163 chefs de village du département de Gagnoa (centre-ouest), exerce sans arrêté préfectoral, a regretté mercredi 23 septembre 2026, le préfet de la région du Goh, préfet du département de Gagnoa, Djedj Mel, lors d’une rencontre avec la chefferie départementale visant à faire le point sur la chefferie et trouver ensemble des solutions aux difficultés de fonctionnement.
Tout en félicitant les villages qui se sont conformés aux règles de l’administration, M. Djedj a regretté que 43 villages ne le soient encore. Sur ce chiffre, 17 villages du département sont dirigés par un chef intérimaire, 16 villages ont désigné une personnalité selon les us et coutumes, mais ces derniers sont dans l’attente de leurs arrêtés. Enfin, 14 villages sur les 43, non en règle, n’ont à ce jour pas de chef de village.
Les difficultés se concentrent dans trois sous-préfectures, qui regroupent à elles seules, 33 des 43 cas de villages en suspens. Parmi elles, la sous-préfecture de Gagnoa, qui compte le plus grand nombre de villages, totalise 19 cas. On note notamment sept chefs par intérim, six villages sans chef, six chefs en attente d’arrêté et quatre cas de litiges.
Dans l’ensemble de ces situations non encore en règle vis-à-vis de l’administration, 13 villages connaissent un différend sur la désignation de leurs chefs. « Ce sont des cas sensibles qui demandent de la patience et de la sagesse », a indiqué l’administrateur.
Djedj Mel a tenu à saluer en particulier les citoyens des villages des sous-préfectures de Galébré, Sérihio et Dignago. L’intégralité des chefs de chacune de ces localités est dotée d’un arrêté signé de l’administration préfectorale. « Ces citoyens montrent la voie à suivre », s’est-il réjoui.
« Cela représente trois villages sur quatre. C’est un résultat que nous devons à votre sens de responsabilité et je tiens à vous en féliciter », a déclaré le préfet de région, à l’endroit du conseil départemental des chefs.
Interpellé sur ces cas de chefferie sans arrêté préfectoral, qui représente le quart de la chefferie du département, le président du conseil départemental des chefs de village de Gagnoa, Boga Sivori, a confessé d’emblée que « le choix du chef à Gagnoa est difficile ». Il a déploré que nonobstant les règles bien connues de tous, certaines personnes, tiennent à être chefs en contournant la loi.
M. Boga a indiqué que le chef est désigné selon les us et coutumes de chaque village, qui lui-même répond à des spécificités. Malheureusement, dit-il, le conseil départemental des chefs se retrouve confronté à plusieurs cas de figures.
Celui où des familles se disent tributaire de la chefferie, alors que selon Boga Sivori, aucune famille ne peut s’arroger le droit d’être chef. « Chez nous, en pays Béthé, on n’est pas dans la royauté, donc on ne peut hériter de la chefferie », a-t-il insisté.
Parfois, le village ne compte que deux familles. Dans quel cas, le conseil des chefs recommande l’alternance. « Mais, ce n’est pas toujours évident, parce que certains refusent de jouer franc-jeu ».
Quand bien même que le choix de l’alternance est accepté par toutes les familles en présence, il se pose aussi parfois le problème du choix de la personne à l’intérieur de la famille désignée.
Enfin, il y a le cas où les cadres et responsables de mutuelles des cadres d’un village exercent des pressions, contre l’avis des sages du village. Leur objectif est de voir un protégé à eux, exercer la fonction de chef de village.
A tous, Boga Sivori a rappelé qu’un village n’est pas « une association, encore moins une mutuelle ». Un village, dit-il, « c’est sacré », et la désignation d’un chef, nécessite « l’onction » du père et/ou des parents.
La rencontre a recommandé la mise en place d’un comité de médiation, en accord avec le comité régional de la chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire.
(AIP)
dd/fmo

