Daloa, 11 jan 2025 (AIP) – L’espoir était à son comble au village CAN Orange de Daloa, vendredi 10 janvier 2026. Dès la tombée de la nuit, des centaines de supporters ivoiriens ont convergé vers cet espace aménagé pour vivre ensemble le quart de finale de la CAN Maroc 2025 opposant la Côte d’Ivoire à l’Égypte. La ferveur populaire, nourrie par la foi en une qualification des Éléphants, allait peu à peu céder la place à la déception.
Majoritairement jeunes, filles et garçons confondus, les supporters étaient drapés aux couleurs nationales ou vêtus de maillots orange. Vuvuzelas à la main, visages peints pour certains, ils partageaient un même rêve : voir la Côte d’Ivoire poursuivre son aventure continentale et rejoindre le dernier carré de la compétition.
Au coup d’envoi, tous les regards étaient rivés sur l’écran géant. Des bières fraîches circulaient de main en main, des chants fusaient et les commentaires optimistes se mêlaient au brouhaha ambiant. « On va gagner l’Égypte aujourd’hui », lance un jeune supporter, aussitôt approuvé par plusieurs voix autour de lui. L’ambiance est confiante, presque festive.
Mais très tôt, le scénario bascule. À la 4ᵉ minute de jeu, l’Égypte ouvre le score. Une douche froide traverse la foule. Les cris s’estompent, remplacés par des murmures d’incompréhension. Pourtant, la confiance reste intacte. « Ce n’est rien, on va revenir », tente de rassurer un supporter.

À la 32ᵉ minute, le deuxième but égyptien fait naître les premières inquiétudes. Les visages se ferment, les sourcils se froncent. Les erreurs des joueurs ivoiriens sont désormais ponctuées de jurons et de gestes d’agacement. L’euphorie du début a laissé place à une tension palpable.
Lorsque la Côte d’Ivoire réduit le score à la 40ᵉ minute, le village CAN explose de joie. On saute, on s’embrasse, certains courent en criant leur bonheur. L’instant est vécu comme un tournant décisif, presque comme si les Éléphants venaient de prendre l’avantage.
À la pause, malgré le score de 2-1 en faveur des Pharaons, l’espoir demeure. Beaucoup prédisent une victoire héroïque des Ivoiriens par trois buts à deux. Les discussions s’animent, les scénarios se multiplient.
La seconde période installe toutefois le doute. À la 52ᵉ minute, l’Égypte inscrit un troisième but. Cette fois, la tension est totale. Les supporters ne tiennent plus assis. Les corps vibrent au rythme des actions, comme si chaque duel disputé à des milliers de kilomètres, sur la pelouse d’Agadir au Maroc, se jouait aussi à Daloa.
Quand la Côte d’Ivoire réduit à nouveau le score à 3-2 à la 73ᵉ minute, l’espoir renaît. Le village CAN s’embrase une seconde fois. Cris, chants et encouragements reprennent de plus belle. On pousse les Éléphants de toute son énergie. Les plus émotifs frappent même un ballon invisible, mimant les gestes des joueurs.
Mais le football peut se montrer cruel. Au coup de sifflet final, le score reste inchangé : 3-2 pour l’Égypte. Sur l’écran, les joueurs ivoiriens s’effondrent, tandis que les Égyptiens célèbrent leur qualification. À Daloa, le silence s’installe. Beaucoup restent figés, les yeux encore rivés sur l’écran. Les visages sont marqués par la déception, parfois par le regret.
« On n’a pas démérité. Nos joueurs se sont battus », confie un supporter, la voix basse, un sentiment largement partagé.
« Il fallait un vainqueur, c’est la loi du football », ajoute un autre, déjà prêt à regagner son domicile.
La soirée s’achève dans un calme empreint de dignité. Malgré la douleur de l’élimination, la ville de Daloa reste unie derrière son équipe. L’aventure s’arrête en quart de finale pour la Côte d’Ivoire, tenante du titre et triple championne d’Afrique. Le regard est désormais tourné vers l’avenir, avec en ligne de mire la Coupe du monde prévue aux États-Unis, nouvelle occasion pour les Éléphants de se relever.
(AIP)
kaem/kp