Abidjan, 6 mars 2026 (AIP)- Le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Épiphane Zoro Bi Ballo, a annoncé jeudi 5 mars 2026, au siège de l’institution à Abidjan-Cocody, lors d’un point de presse, l’interpellation de 37 personnes à l’issue d’enquêtes menées en 2025 dans le cadre de la lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire.
Selon M. Zoro Bi Ballo, sur 40 procès-verbaux d’enquête finalisés et transmis au parquet près le pôle pénal économique et financier, 37 personnes ont été interpellées. Il a précisé que les officiers de police judiciaire de la HABG conduisent leurs investigations sous l’autorité exclusive du procureur.
« La lutte contre la corruption est l’affaire de tous. Pouvoirs publics, opérateurs économiques, secteur privé et société civile doivent agir ensemble pour promouvoir l’intégrité », a t-il déclaré.
Le point de presse a également permis de faire le point sur les déclarations de patrimoine des agents publics, une obligation légale visant à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques. Au 31 décembre 2025, la HABG a recensé 10 858 assujettis à cette obligation, dont 9 844 ont effectivement déclaré leurs biens, soit un taux de conformité de 90,66 %. Chez les membres du gouvernement, ce taux atteint 99,15 %, a précisé le président.
« Pour les déclarations de cessation de fonctions, sur 975 assujettis attendus, seulement 58,97 % ont déclaré. La non-déclaration constitue une infraction assimilée à la corruption et peut entraîner des sanctions financières et des poursuites judiciaires », a-t-il relevé.
Concernant les signalements de faits de corruption, le président de l’institution a indiqué que 450 alertes ont été enregistrées en 2025 via la plateforme de dénonciation et le numéro vert. Les secteurs de la sécurité, de la santé et de la construction figurent parmi les plus concernés par ces signalements.
Reconnaissant la légère baisse du score de la Côte d’Ivoire dans l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International, passé de 45 à 43 points entre 2024 et 2025, le président de la HABG a estimé que ces résultats doivent encourager la poursuite des réformes engagées.
« Que ce soit une réalité ou une perception, lorsque c’est négatif, cela nuit à l’image du pays et à son attractivité », a-t-il souligné, appelant à renforcer les actions de prévention, de sensibilisation et de répression pour consolider les progrès en matière de bonne gouvernance.
Épiphane Zoro Bi Ballo a conclu en présentant les perspectives pour 2026, notamment la digitalisation du processus de déclaration de patrimoine, la publication d’un indice national de gouvernance et la mise en place d’un indice national d’intégrité publique visant à évaluer la capacité des institutions à prévenir les risques de corruption.
Cette rencontre a été l’occasion pour la HABG de présenter son bilan d’activités 2025 et ses perspectives pour 2026.
La Côte d’Ivoire s’est engagée à respecter les normes internationales en matière de protection des dénonciateurs et témoins, renforcées par les lois de 2013 et 2018. Cette initiative vise à encourager la population à signaler les actes de corruption malgré les risques. En 2012, le gouvernement ivoirien a ratifié les conventions de l’ONU et de l’UA contre la corruption, affirmant ainsi son engagement ferme dans cette lutte.
La HABG a pour mission d’identifier les racines de la corruption et proposer des mesures correctives. Elle joue un rôle central dans la prévention et la répression des infractions, conformément à l’Ordonnance n°2013-661 du 20 septembre 2013.
(AIP)
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