Abidjan, 28 sept 2026 (AIP) – Cinquante-cinq apprenants, dont 52 pépiniéristes privés agréés, ont été formés aux techniques de création et de conduite des pépinières de palmier à huile, du 21 au 26 septembre 2026 à Divo, Maféré et Tabou, dans le cadre du Programme intérimaire de développement des filières palmier à huile et cocotier du Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco (CHPC).
Cette formation théorique et pratique, organisée en partenariat avec la Société palmier à huile de Côte d’Ivoire (PALMCI), vise à professionnaliser le maillon pépinière afin de garantir aux producteurs l’accès à des plants sélectionnés et performants et, à terme, améliorer durablement la productivité de la filière.

Les sessions, conduites simultanément dans les trois zones de production, ont porté notamment sur les fondements agronomiques du palmier à huile, son cycle de vie, le choix du matériel végétal, la création et la conduite d’une pépinière, ainsi que les exigences réglementaires.
Les apprenants ont alterné cours théoriques et travaux pratiques dans des pépinières de PALMCI. Ils ont notamment été initiés à la préparation et à la désinfection du substrat, au remplissage des sachets, au repiquage des graines germées, au piquetage, à l’irrigation, à la fertilisation, au paillage, à l’entretien des plants, à la reconnaissance des bioagresseurs et à l’utilisation du cahier de suivi.
À Divo, 19 bénéficiaires ont reçu leurs attestations lors de la cérémonie de clôture organisée samedi 26 septembre sous la présidence du préfet de la région du Lôh-Djiboua et du département de Divo, représenté par le sous-préfet d’Ogoudo, Kouadio Aimé Brou, tandis que 18 pépiniéristes ont été certifiés à Maféré. La session de Tabou s’est achevée le 25 septembre par la remise de certificats aux apprenants.
Deux millions de graines germées en 2027
Le CHPC entend s’appuyer sur ce réseau de pépiniéristes agréés pour mettre en œuvre la première étape de son programme de renouvellement du verger. Le Conseil a acquis auprès du Centre national de recherche agronomique (CNRA), deux millions de graines germées performantes et résistantes à la fusariose, qui doivent permettre la production de plants destinés à la mise en valeur de 10 000 hectares en 2027.
Le représentant du directeur général du CHPC, N’Doua Jean-Marie, a expliqué que la formation intervient après une campagne de sélection ayant enregistré plus de 100 dossiers.
« Si vous avez été agréé, c’est parce que le conseil ne veut pas qu’il y ait du désordre dans cette profession. Tout sera fait pour que vous ayez des identifiants, de sorte à vous démarquer très distinctement de ceux qui sont dans l’improvisation. Un vaste programme d’exclusion va être conduit pour extirper ceux-là de la filière », a-t-il déclaré à Divo, le 26 septembre.
Le CHPC prévoit également de fournir aux pépiniéristes agréés des sachets et des intrants agricoles, en plus des graines germées, et d’assurer un suivi des pépinières jusqu’à la disponibilité des plants destinés aux producteurs. « L’Etat fera tout pour vous protéger contre la concurrence déloyale », a souligné M. N’Doua, précisant que les pépiniéristes agréés seront identifiés au moyen d’identifiants permettant aux producteurs de les distinguer des opérateurs non agréés.
Renouveler un verger vieillissant
Cette professionnalisation vise notamment à apporter une réponse au vieillissement du verger ivoirien de palmier à huile. Selon le président du conseil d’administration de l’Association interprofessionnelle du palmier à huile (AIPH), Sama Damalan Henri César, le rendement actuel se situe autour de six tonnes par hectare, alors que le potentiel peut atteindre 20 tonnes. « Il faut donc un matériel végétal performant avec des techniciens qui connaissent et qui ont les bonnes pratiques, d’où cette formation », a-t-il déclaré.
Pour le responsable de l’AIPH, le renouvellement des plantations constitue un enjeu majeur de la relance de la filière, dont le programme prévoit dans un premier temps la replantation de 10 000 hectares.
La stratégie nationale prévoit, à plus long terme, la création ou la replantation de 150 000 hectares de palmeraies au cours des dix prochaines années.
L’expertise de PALMCI mise à contribution
La formation a été assurée par des experts de PALMCI, sous la conduite de son directeur du développement agricole et de l’approvisionnement, Raymond Tagouya.
Les enseignements ont combiné les connaissances théoriques et leur application dans les pépinières de l’entreprise, afin de permettre aux participants, qu’ils soient nouveaux dans le métier ou déjà expérimentés, de maîtriser les différentes étapes de production de plants conformes aux normes de la filière.
À la séance de clôture organisée à Divo, le pépiniériste Gbogou Maurice, installé à Guitry, a indiqué que la session lui a permis de consolider ses connaissances, notamment en matière d’irrigation, de fertilisation et de paillage.
À Tabou, le directeur de la coopérative palmier à huile COOPABLI, Kapet Alexis, a estimé que la formation constitue une occasion de rompre avec les pratiques reposant sur des graines non sélectionnées.
« C’est une opportunité sans pareille que le Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco vient de nous offrir. Nous faisions de la pépinière, mais de façon peu professionnelle, avec des graines tout-venant, donnant des plantations peu productives », a-t-il déclaré au nom des participants.
Les bénéficiaires se sont engagés à mettre en pratique les connaissances acquises et à les partager avec les membres de leurs différentes bases, en vue de contribuer à la production de plants de meilleure qualité. « Les techniques qu’on a apprises ici vont me permettre d’améliorer ma pépinière et aussi à les mettre en pratique pour avoir de bons plans vigoureux, pour pouvoir les vendre », s’est réjouie la porte-parole des bénéficiaires, à Divo, Eboulet Akissi.
Une formation appelée à se poursuivre
À Maféré, le sous-préfet, Mme Ingrid Kouadio, a plaidé pour la création d’une école de formation de pépiniéristes dans la zone, afin de consolider la professionnalisation du métier.
Pour le CHPC, cette première cohorte constitue une étape du processus d’installation d’un réseau durable de pépiniéristes agréés. Le dispositif doit être accompagné d’un suivi et de nouvelles phases d’agrément et de mise à niveau, avec l’objectif d’éliminer progressivement la distribution de plants « tout-venant » dans la filière.
La relance du palmier à huile s’inscrit dans un programme intérimaire 2026-2027 articulé autour de sept composantes techniques et d’une composante administrative consacrée au management et à la gestion du programme. L’amélioration de l’accès des producteurs aux plants sélectionnés constitue l’une des principales composantes techniques.
(AIP)
cmas