Abidjan, 31 août 2026 (AIP)- Face à la crue dévastatrice qui a frappé le Népal, mercredi 26 août 2026, faisant au moins 903 morts et plus de 4 200 disparus, l’armée, la police et de nombreux bénévoles travaillent d’arrache pieds pour retrouver des survivants, identifier les morts, mais l’état de décomposition des corps oblige le pays à commencer les enterrements de masse de victimes impossibles à identifier.
En effet, dimanche, pour des raisons sanitaires, les autorités népalaises ont commencé à enterrer des victimes sans même attendre l’identification des dépouilles, pour des raisons de santé publique.
Ces inhumations ont lieu après prélèvement d’un échantillon ADN, ont précisé les autorités, et à titre provisoire pour les victimes de confession hindoue. Ce prélèvement permettra à leurs familles, après leur identification formelle, de les exhumer et de les brûler, comme le veut la tradition. « De nombreux corps ont été récupérés et ils ont commencé à se décomposer », a justifié le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Amrit Bahadur Rai.
En cause, des infrastructures sous-dimensionnées par rapport au nombre de corps. La morgue de Bharatpur ne pouvant en accueillir qu’une vingtaine, les autorités ont ainsi dû entreposer les cadavres dans des locaux sous air conditionné de l’association des commerçants.
Cinq jours après la catastrophe, et malgré les efforts déployés, les opérations de secours restent difficiles, dans des zones souvent isolées, rendues dangereuses d’accès par la catastrophe et la pluie des derniers jours.
Les secouristes s’affairent dans des conditions périlleuses et malgré les risques causés par une nouvelle montée des eaux, espérant en particulier sauver une centaine d’ouvriers bloqués dans un tunnel. Mais, l’espoir de retrouver des rescapés dans la mer de boue et de débris qui a ravagé des villages entiers s’amoindrit.
Familles et proches des disparus se pressent dans les hôpitaux et morgues pour tenter de retrouver leurs êtres chers, notamment à Bharatpur, dans le sud du Népal, où des images de cadavres défilent sur un écran.
Dans la plaine, à près de 200 kilomètres des vallées de Rasuwa où la catastrophe a eu lieu mercredi, les autorités ont creusé plusieurs centaines de tombes dans la forêt de Devhgat. Les lieux étaient jusqu’ici surtout connus pour des sentiers de marche très prisés, se sont transformés en un cimetière temporaire pour les dépouilles dont l’état de décomposition est trop avancé pour rendre dans l’immédiat toute identification possible.
« Nous n’avions pas d’autre option, et nous devions franchir ce pas. Notre souci était le risque pour la santé publique posé par la décomposition rapide des corps », a expliqué le directeur du district de Baratpur, Ganesh Aryal.
Selon les autorités, chaque site d’inhumation est soigneusement enregistré, avec des marqueurs d’identification placés au fond et au-dessus des tombes accompagnés d’une sauvegarde des données de localisation précises.
(AIP)
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