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Abidjan, 12 juil 2024 (AIP)- Le chef de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé jeudi 11 juillet 2024 « le coup de force présidentiel » soulignant que « le vote du peuple doit être respecté », rapportent des médias.

Revenant sur la lettre adressée mercredi 10 juillet 2024 aux Français par le président Emmanuel Macron, Mélenchon a estimé qu’ « aucun républicain ne saurait en minimiser ni le sens politique, ni l’extrême gravité qu’il contient ».

« Le président de la République, dans une lettre adressée aux Français, prétend que « personne n’a gagné l’élection. C’est faux. Tout le monde le sait. Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête de l’élection et c’est à lui que revient de former le prochain gouvernement », rappelle Mélenchon dans un texte publié sur son blog.

« Dans toutes les démocraties du monde c’est ainsi que les élections permettent de désigner le gouvernement, avec ou sans majorité absolue à la chambre des députés. C’est d’ailleurs la règle qu’Emmanuel Macron avait fait fonctionner en 2022 pour nommer un Premier ministre issu d’une coalition présidentielle qui n’avait pourtant pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Cette coalition fut même baptisée « majorité présidentielle » alors qu’elle ne disposait pas d’une majorité de députés », rappelle le leader LFI.

Rappelant que « cette fois-ci, la coalition des partis soutenant Emmanuel Macron est arrivée en seconde position », Mélenchon relève que « le Président ne peut lui recommander de former une coalition nouvelle avant d’avoir constaté ce qu’il en est avec la coalition réellement arrivée en tête », soulignant qu’ « Agir comme le fait le président est donc un coup de force, un abus de pouvoir ».

Selon lui, en agissant ainsi, le président français viole aussi le sens politique de ce qui s’est passé entre les deux tours de l’élection législative, en faisant  du « front républicain » une alliance politique qui devrait produire un gouvernement ou une majorité au parlement . « Il ne peut en être question. Le soi-disant « front » n’est pas une alliance politique. Il n’en a jamais été question. C’est même son sens profond que d’être au-delà des partis et des frontières partisanes pour répondre à un intérêt commun supérieur, souligne-t-il encore.

Lors des résultats des élections législatives anticipées 2024 en France, la coalition de partis politique “le Nouveau front populaire (NFP) dont fait partie La France Insoumise (LFI)” a dominé avec 182 sièges face à la Coalition du parti présidentiel avec 168 sièges et le RN et ses alliées ont obtenu comme sièges 143.

Quant à l’une des députés du NFP, Mathilde Panot, elle se dit inquiète par l’accaparement du pouvoir du président Emmanuel Macron et révoltée par le fait que ce dernier nie le résultat des urnes alors que le nouveau Front Populaire est arrivé en tête du second tour des élections législatives.

« Depuis l’élection législative, le président de la République fait comme si cette élection n’avait pas existé et continue à maintenir un Premier ministre qui a été battu plusieurs fois et qui doit donc partir. Le gouvernement continue de prendre des décrets en vitesse sur la perspective de voir Gabriel Attal toujours à Matignon le 18 juillet, jour de l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale et début de la 17e législature, ce n’est pas possible », rétorque la cheffe de file des députés LFI. Macron nous met dans une situation ubuesque », a-t-elle souligné.

« Nous nous sommes donnés jusqu’à la fin de la semaine pour présenter non seulement un Premier ministre mais plus largement une équipe gouvernementale représentant les équilibres à tenir au sein du NFP en fonction des postes à responsabilité, notamment de ceux à l’Assemblée. Nous prenons le temps de proposer quelque chose qui est solide et à la hauteur de nos responsabilités », a-t-elle assuré.

(AIP)

sdaf/fmo

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