Abidjan, 06 août 2026 (AIP) – Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a indiqué que les opérations d’abattage sanitaire conduites par les services vétérinaires s’effectuent dans le strict respect de la réglementation en vigueur, soulignant qu’elles constituent une mesure indispensable pour enrayer la propagation de la peste porcine africaine (PPA) et protéger le cheptel national.
Dans un communiqué publié mercredi 5 août 2026, le ministre rappelle que ces opérations sont fondées sur la loi portant Code de la santé publique vétérinaire et le règlement de police sanitaire des animaux, qui confient à l’État la responsabilité de prévenir et de combattre les maladies animales contagieuses.
La peste porcine africaine demeure l’une des principales menaces pesant sur la filière porcine ivoirienne. Depuis son apparition en Côte d’Ivoire en 1996, les épizooties enregistrées en 2014, 2017 et 2018 ont entraîné l’abattage de plus de 33 000 porcs. En 2024, le pays a connu sa plus grave crise sanitaire avec 107 361 porcs abattus, 1 407 éleveurs affectés et des pertes économiques évaluées à plus de 20 milliards de FCFA.
Le ministère explique que plusieurs facteurs favorisent la circulation du virus, notamment l’absence de déclaration des mortalités, l’existence d’exploitations non déclarées, le non-respect des règles de biosécurité, les mouvements non autorisés d’animaux malades, les abattages clandestins et l’utilisation d’aliments susceptibles d’être contaminés.
Face à cette situation, le Gouvernement a renforcé son dispositif de prévention à travers la Cellule de gestion des opérations d’urgence en santé publique vétérinaire, chargée de coordonner la surveillance épidémiologique, les investigations, la confirmation des cas par le Laboratoire central vétérinaire de Bingerville du LANADA, ainsi que la mise en œuvre des mesures de police sanitaire.
Le communiqué rappelle également l’existence d’un mécanisme de soutien financier de l’État, mobilisable selon les disponibilités budgétaires, au profit des éleveurs dont les animaux sont abattus dans le cadre des mesures sanitaires.
Le ministère indique qu’une recrudescence de la maladie est observée depuis janvier 2026 dans plusieurs régions du pays. Dans le département de Gagnoa, déclaré foyer infecté par arrêté préfectoral le 2 juin 2026, 1 092 porcs infectés ou exposés ont été abattus entre le 31 mai et le 18 juin dans les zones de protection de Zapata-Rosier et de Bayota.
Le MIRAH précise toutefois que le non-respect de certaines mesures de biosécurité a favorisé l’extension de la maladie au département de Guibéroua. À la suite de mortalités anormales signalées le 22 juillet dans une exploitation porcine non déclarée située au campement de Petit Bondoukou, près du village de Kpogrobouo, des analyses réalisées par le Laboratoire central vétérinaire de Bingerville ont confirmé, le 27 juillet, la présence du virus de la peste porcine africaine.
En conséquence, 93 porcs présents dans cette exploitation ont été abattus le 30 juillet afin de limiter la propagation de la maladie.
Le ministre rappelle que la peste porcine africaine est une maladie à déclaration obligatoire et invite les éleveurs à signaler sans délai toute mortalité inhabituelle ou suspicion aux services vétérinaires. Il souligne également que toute entrave aux opérations de police sanitaire ou toute agression contre les agents habilités expose leurs auteurs aux sanctions prévues par la législation.
Sidi Tiémoko Touré réaffirme enfin la détermination du Gouvernement à poursuivre, « avec rigueur, transparence et responsabilité », la lutte contre la peste porcine africaine afin de protéger le cheptel national, les revenus des éleveurs et la sécurité sanitaire des aliments destinés à la consommation.
(AIP)
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