samedi, septembre 19

Abidjan, 02 juil 2026 (AIP)- Les recherches et découvertes archéologiques réalisées dans la région d’Anyama, au nord d’Abidjan, montrent que la  poterie ou céramique  est utilisée au quotidienne des populations Akyé, démontrant que la tradition de la poterie ne se limite pas au nord et au centre du pays, souligne une étude de l’archéologue Dre Kouamé Affoua Eugénie de l’Institut d’Histoire, d`Art et d’Archéologie africains (IHAAA) de l’Université Félix Houphouët-Boigny.

Bien plus que de simples objets utilitaires, les récipients en terre cuite constituent aujourd’hui de précieux témoins de l’histoire, des traditions et du mode de vie de ces communautés. A travers ces différents usages, les céramiques apparaissent aujourd’hui comme de véritables archives du passé. Elles permettent de mieux connaître les activités économiques, les croyances, les pratiques de santé et les relations sociales qui ont marqué l’histoire des populations d’Anyama.

Ainsi, les vestiges retrouvés sur plusieurs sites révèlent que les céramiques servaient à de nombreuses activités domestiques. Elles étaient utilisées pour la cuisson des aliments, la conservation de l’eau, le transport des liquides ainsi que le service des repas.  Les  récipients retrouvés datent de la moitié de 18ème  et du 20ème siècle, selon Dr Kouamé.

La fabrication de ces objets représentait également une activité économique importante. Pendant de nombreuses années, les femmes potières d’Anyama ont tiré de cette activité l’essentiel de leurs revenus. Leurs productions étaient vendues dans les villages voisins ou échangées contre des produits agricoles et alimentaires. Les potières de M’Brago, village situé à l’ouest d’Anyama, à environ quarante kilomètres d’Abidjan, étaient particulièrement réputées pour la qualité de leur savoir-faire.

Les céramiques jouaient aussi un rôle essentiel dans les pratiques culturelles et religieuses. Certaines étaient spécialement fabriquées pour les cérémonies traditionnelles, les rites funéraires ou les cultes rendus aux ancêtres et aux divinités. D’autres servaient lors des naissances, des mariages ou encore des fêtes communautaires. Ces usages témoignent de l’importance symbolique de la terre cuite dans la société Akyé.

Parmi les vestiges découverts dans la localité d’Anyama figure une pipe à fumer en argile mise au jour sur le site archéologique de Boya, à M’Bonoua, situé dans la partie occidentale de la zone. Cet artefact constitue un indice précieux des habitudes culturelles et des échanges liés à la consommation du tabac. Il contribue ainsi à une meilleure compréhension de l’histoire du peuplement de cette zone.

Enfin, la céramique intervenait également dans le domaine thérapeutique. Les guérisseurs utilisaient des récipients en terre cuite pour préparer et conserver des remèdes à base de plantes médicinales.

Les recherches archéologiques permettent de valoriser les traditions, les cultures, les savoirs et savoir-faire ancestraux.

(AIP)

tad/fmo

Share.

Comments are closed.

Exit mobile version