Abidjan, 24 sept 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire doit renforcer l’accompagnement des apprenants en situation de handicap, de leur accès à l’école jusqu’à leur insertion socioprofessionnelle, selon les conclusions d’une étude présentée jeudi 24 septembre 2026 à Abidjan, lors d’un atelier de restitution et de validation technique.
Intitulée « Les défis des parcours scolaires des apprenant(e)s en situation de handicap et leur insertion socioprofessionnelle », l’étude a été présentée à la direction des examens et concours (DECO), en présence d’une centaine de représentants des structures gouvernementales, organisations de la société civile, organisations de personnes handicapées et partenaires techniques et financiers.
L’atelier, organisé avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de la Fondation AVSI, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET) et l’ONG Société sans barrières-Côte d’Ivoire (SWB-CI), vise à identifier les obstacles qui entravent les parcours scolaires des apprenants en situation de handicap et à dégager des pistes d’action.
Ouvrant les travaux au nom du ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, N’guessan Koffi, la conseillère technique Marie Christ Allou a souligné que l’accès à l’Ecole ne constitue qu’une étape dans le parcours des personnes en situation de handicap. « Il s’agit de construire des parcours éducatifs continus, cohérents et accompagnés, qui permettent à chaque apprenant de développer ses potentialités et de préparer son avenir. »
Elle a appelé à renforcer l’accessibilité des établissements et des supports pédagogiques, la formation des enseignants, l’accompagnement individualisé, l’utilisation du braille et de la langue des signes, ainsi que les passerelles vers la formation professionnelle et l’emploi.
Pour le chef de bureau et représentant de l’UNESCO en Côte d’Ivoire, Omar Diop, plusieurs obstacles continuent cependant de limiter l’accès à une éducation inclusive et à une insertion professionnelle durable. « L’inclusion n’est pas une faveur, c’est un droit. Elle n’est pas une charge, mais une richesse. Elle n’est pas une option, mais une nécessité pour construire une Côte d’Ivoire prospère et solidaire », a-t-il affirmé.
M. Diop a notamment cité le manque d’infrastructures adaptées, l’insuffisance de matériels pédagogiques inclusifs, la formation encore limitée des enseignants, les préjugés et la faible accessibilité des lieux de travail. Il a assuré de la poursuite de l’accompagnement de l’UNESCO en faveur de la formation des enseignants, des ressources pédagogiques accessibles et du renforcement des politiques publiques d’insertion professionnelle.

La Côte d’Ivoire expérimente depuis 2013 l’Education inclusive avec l’intégration d’élèves en situation de handicap sensoriel dans les établissements scolaires ordinaires. Une évaluation réalisée par l’UNESCO en 2016 avait relevé des avancées, tout en recommandant notamment de renforcer la formation des acteurs, les offres éducatives, les matériels didactiques et les outils numériques.
De son côté, le représentant pays d’AVSI Côte d’Ivoire, Dr Bamba Lassiné, a indiqué que l’organisation a contribué à améliorer l’accès à l’Education de plus de 153.000 élèves, 5.000 enseignants et 25.000 parents dans plus de 800 écoles primaires publiques et 30 collèges de proximité issus de 11 régions.
En 2025, plus de 450 jeunes ont également intégré des parcours de formation qualifiante et d’apprentissage, destinés à faciliter leur accès à l’emploi, à l’auto-emploi et à une autonomie durable, selon M. Bamba.
Les recommandations issues de l’étude doivent contribuer au renforcement de la Stratégie nationale de l’éducation inclusive (SNEI) et à une meilleure articulation entre éducation, formation, orientation et insertion socioprofessionnelle.
(AIP)
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