Abidjan, 31 août 2025 (AIP) – Cent sept ans après son départ forcé, le Djidji Ayôkwé, tambour-parleur sacré du peuple Tchaman, s’apprête à retrouver sa terre natale.
Samedi 30 août 2025 à Adjamé village, la génération Djehou des sept villages Atchan de la fratrie Bidjan a célébré cette restitution historique, exprimant sa profonde gratitude au président de la République, Alassane Ouattara, pour son rôle déterminant dans ce processus.
Le parrain de la cérémonie, le conseiller du Premier ministre, Djama Dibi Antoine, a salué « l’engagement constant et la détermination » du chef de l’État, qui ont permis de concrétiser le retour de cet objet patrimonial majeur.
Des remerciements ont également été adressés au Premier ministre Robert Beugré Mambé, à la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, ainsi qu’à Expertise France, représentée par Sébastien Doré, pour leur implication dans cette démarche.
Le responsable du protocole des chefs de la fratrie Bidjan, Gouédan Louis Jacques, a annoncé la mise en place d’un programme de préparatifs pour accueillir le tambour, symbole national et international d’unité, de fraternité et de cohésion sociale.
Au-delà de la célébration, la génération Djehou a profité de ce moment pour lancer un appel à la paix, à l’amour et au vivre-ensemble, invitant à rejeter tout discours de haine, particulièrement en cette période électorale. Le doyen de la patrie Bidjan, Bekessé Gabel, a exhorté la jeunesse à s’inscrire dans cette dynamique et à œuvrer pour une présidentielle apaisée.
Confisqué par les colons français en 1916 et conservé depuis au musée du Quai-Branly à Paris, le Djidji Ayôkwé servait autrefois à transmettre des messages entre villages et fut un outil stratégique dans la résistance des Tchaman face aux expéditions coloniales. Sa restitution a été rendue possible grâce à une convention signée entre la France et la Côte d’Ivoire, suivie de l’adoption unanime par les parlements français, entre novembre 2024 et juillet 2025, des lois autorisant son retour au musée des Civilisations de Côte d’Ivoire, à Abidjan.
Pour le peuple Atchan, ce retour ne marque pas seulement la récupération d’un objet, mais la renaissance d’un lien spirituel et historique avec ses ancêtres.
(AIP)
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