Côte d'Ivoire - AIP /Une pédopsychiatre insiste sur la réduction de l’exposition aux écrans pour les enfants autistes à Bondoukou
Par MEMEL FRANCK ALAIN / 30 avril 2026 à 11:10 / il y a 6 heures / Temps de lecture : 3 min
Bondoukou, 30 avr 2026 (AIP) – La pédopsychiatre Bissouma Anna Corinne a insisté sur la nécessité de réduire l’exposition aux écrans chez les enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme, estimant que cette mesure constitue un élément essentiel pour améliorer leur développement et leur prise en charge. Lors d’une journée de sensibilisation dédiée aux troubles du langage et de la communication, organisée à l’occasion du mois international de sensibilisation à l’autisme, marquée par l’inauguration d’un centre d’incubation spécialisé, la pédopsychiatre a particulièrement attiré l’attention des parents sur les effets négatifs d’une exposition prolongée aux écrans, susceptibles d’aggraver les difficultés de communication et de retarder les progrès de l’enfant. Elle a, toutefois, recommandé des alternatives simples et accessibles au quotidien. « Il faut d’abord réduire l’exposition aux écrans, puis privilégier le jeu et l’interaction avec l’enfant. Ensuite, il est essentiel de consulter un professionnel, notamment un pédiatre ou un centre spécialisé », a-t-elle conseillé. Selon la spécialiste, la prise en charge des enfants autistes doit être précoce, structurée et encadrée par des professionnels de santé qualifiés, notamment les orthophonistes. Elle a souligné que l’évaluation préalable des troubles du langage constitue une étape déterminante avant toute intervention thérapeutique. « L’orthophoniste est un pilier essentiel dans la prise en charge des troubles autistiques. Les troubles du langage doivent être correctement évalués avant toute intervention », a expliqué Mme Bissouma Anna Corinne. Mme Bissouma a également rappelé que l’autisme ne doit pas être perçu comme une fatalité. Selon elle, les résultats sont encourageants lorsque la prise en charge est précoce, adaptée et régulière, avec une implication active de la famille. « L’autisme n’est pas une fatalité. Avec une prise en charge précoce, structurée et adaptée, les progrès sont réels », a-t-elle affirmé. Cette journée de sensibilisation a été présidée par le vice-président chargé de la pédagogie et de la vie universitaire, le Pr Sié Justin. Elle a réuni les enseignants-chercheurs, les spécialistes de santé, les étudiants et les parents autour des enjeux liés au dépistage et à l’accompagnement des enfants présentant des troubles du langage. L’initiatrice de l’activité, la directrice de l’unité de formation et de recherche (UFR) Sciences du langage, Lettres et Langues étrangères (S3LE), le Pr Houméga Alida épouse Goze, a pour sa part mis en avant le rôle central des parents dans l’équilibre et le suivi des enfants concernés. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des familles afin de favoriser une meilleure compréhension des troubles du langage et de la communication. Les échanges ont été enrichis par des conseils pratiques de spécialistes et par le témoignage d’une mère d’enfant autiste, qui a relaté son parcours de rééducation et les progrès obtenus grâce à un accompagnement régulier. La création du centre d’incubation s’inscrit, selon les organisateurs, dans une dynamique d’amélioration durable des services dédiés aux troubles du langage et de la communication en Côte d’Ivoire. (AIP)
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